OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Departement d’Etat, Al-Jazeera: même (social media) combat http://owni.fr/2011/03/14/departement-detat-al-jazeera-meme-social-media-combat/ http://owni.fr/2011/03/14/departement-detat-al-jazeera-meme-social-media-combat/#comments Mon, 14 Mar 2011 14:50:28 +0000 Damien Van Achter http://owni.fr/?p=51090 Disclosure: Les rencontres évoquées dans ce billet l’ont été à l’initiative du Département d’Etat, dans le cadre d’un programme intitulé “Voluntary Visitor”, auquel j’ai participé début mars à Washington, San Francisco et New York.

Début mars, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton déclarait devant des membres du Sénat que les Etats-Unis étaient en train de “perdre la guerre de l’information“. Mis directement en cause, les grandes chaînes US “qui diffusent des millions de publicités et des débats entre “talking heads”, contrairement à la chaîne qatarie Al-Jazeera, qui, toujours selon Hillary Clinton, délivre, elle, “des vrais news” et est en train de “changer les esprits et les attitudes des gens“.

We.Are.At.War.

Si cette bataille de l’information n’est pas neuve, les armes, elles, ont changé de nature et les conversations entre individus interconnectés ont bouleversé la donne.  Désormais, tout est “social”. Les médias, la justice, l’économie, la religion et bien sûr la politique. Comme le dit très bien Thomas Friedman, du New York Times, “le monde est plat“, définitivement.

Le terme guerrier utilisé par la secrétaire d’Etat américaine n’est donc pas anodin. Le coup de semonce à l’adresse de “ses” médias non plus. L’administration Obama, malgré la complexité de ses rouages, semble en effet bien décidée à reconquérir le champ bataille qui, en son temps, a forgé son élection, mais qui, une fois le touchdown transformé, n’a que trop peu, et à vrai dire assez mal, servi à gouverner.

WikiLeaks est aussi passé par là, forçant les spin doctors à se rendre à l’évidence: vouloir contrôler la circulation de l’information sur les réseaux est bien plus coûteux et bien moins efficace que de s’assurer de les garder ouverts, d’y faciliter les échanges et de compter sur les entrepreneurs pour les faire fructifier. C’est d’ailleurs en substance ce qui transparaissait déjà en filigrane du 21st Century Statecraft, sorte de profession de foi sur la liberté numérique, non exempte de certaines ambiguïtés mais qui, martelée,  rappelle qu’in fine,ce qui est bon pour le business est bon pour les USA”. Quitte à ce que cette liberté  se retourne parfois contre eux.

Parce que tout comme l’argent, l’information ne génère de plus-value que quand elle circule…

Occuper le terrain et focaliser l’attention

Installée au sein-même du Pentagone, la cellule “Social Media” de la Navy occupe trois personnes, à temps plein. Leur job: veiller à ce que les pages Facebook officielles ouvertes par les différents corps de Marines respectent les guidelines (conditions d’utilisation) édictées en haut lieu. Et publiées en ligne sous forme de tutoriels très complets sur Slideshare. Ses membres animent également la communauté des familles de Marines déployés à l’étranger et interagissent avec les internautes qui entrent en contact avec elles via Facebook et Twitter, répondent à leurs à leurs questions et organisent ponctuellement des rencontres IRL (dans la vraie vie).

Comme tout le monde, nous avons tâtonné un certain temps avant de trouver un ton et un degré de transparence adéquat“, souligne le capitaine D.W. en charge de la gestion du compte Twitter officiel de la Navy. “Nous savons que les gens parlent de nous sur internet, et pas qu’en bien. La moindre des choses est de leur montrer que nous sommes à l’écoute“, ajoute-t-il, convaincu, tout comme sa hiérarchie, que ces discussions en ligne permettent de (re)créer un climat de confiance vis-à-vis de l’armée. Un processus émaillé d’échecs et d’erreurs, mais qui s’inscrit dans le long terme et qui permet donc des ajustements réguliers.

Nous n’agissons pas sur les réseaux sociaux pour justifier les choix de nos supérieurs mais plutôt pour faciliter leur bonne compréhension. Et vous ne pouvez pas faire cela si vous n’êtes pas prêts à entendre le feed-back que vous renvoient vos utilisateurs. En fait, nous essayons surtout de nous rendre utiles auprès de ceux qui s’intéressent à nos activités

Voici l’avis d’un directeur de la cellule “Innovative Engagement”  du State Departement. D’où des webcasts ouverts aux commentaires,  des deals avec Youtube, des séminaires internes de formation au travail collaboratif et à la gestion des conversations en ligne.

Mais s’exprimer publiquement au nom de la Navy ou du Département d’Etat constitue un exercice d’équilibriste, entre proximité et transparence au profit de l’institution et expression, et certains franchissent parfois la ligne rouge et doivent en assumer les conséquences. Le cas ce dimanche de la démission du porte-parole du State Departement, P.J. Crowley, après des propos sur les conditions de détention de Bradley Manning (NDLR: le soldat américain soupçonné d’être à l’origine des fuites de câbles diplomatiques vers WikiLeaks) en est le parfait exemple.

Occuper le terrain, à tout prix, pour éviter que d’autres, avec d’autres agendas, ne le fassent à leur place. Une stratégie poussée jusqu’à l’intégration récente du monitoring de certaines conversations sur les réseaux sociaux dans une des cellules antiterroristes …

Valoriser la participation et les créations des utilisateurs

A quelques blocs de là, 500 mètres en face de la Maison Blanche, au 6ème étage de la rédaction d’Al-Jazeera, Stephen Phelps met la dernière main à un projet “100% social” mis en oeuvre avec ses équipes techniques basées à San Francisco.

Al-Jazeera, qui n’est pas diffusée aux USA (mais dont le flux anglophone est accessible librement en ligne), monte en puissance. Sa couverture des événements en Tunisie, en Egypte, en Libye et, d’une manière générale, au moyen et au proche orient, en font désormais une référence en matière d’utilisation des réseaux sociaux comme matière première des contenus qu’elle diffuse. Et le programme The Stream que Stephen Phelps s’apprête à lancer début mai risque bien de creuser encore un peu plus le fossé entre les médias connectés aux audiences en ligne et ceux qui s’obstinent à broadcaster.

Pour Adel Isklandar, professeur au centre d’études Arabes à l’université de Georgetown et auteur de plusieurs livres sur Al-Jazeera:

les 20 PC d’Egyptiens connectés au web ont démontré la puissance que les communautés peuvent développer lorsqu’elles se focalisent sur un objectif commun ET que leur message est relayé par une chaîne à grande audience. C’est la combinaison de ces deux facteurs qui fut déterminante dans la chute de Moubarak.  Et qui pèse de tout son poids sur les autres monarchies du Golfe.

Et l’expert d’ajouter:

Pourquoi croyez-vous que l’Arabie Saoudite distribue actuellement des milliards de pétrodollars, si ce n’est pour calmer les communautés qui pourraient mettre en danger le “système”?

D’où l’intérêt stratégique pour Al-Jazeera de continuer à monitorer de très près l’activité des communautés en ligne (cfr. leur dashboard Twitter) afin de garder une longueur d’avance sur les autres networks, qui ne pourront que réagir qu’à posteriori, et donc avec un temps de retard et une qualité d’information inférieure. CQFD.

Le web et ses manifestations

Derrière le concept un peu tarte à la crème de curation – le journalisme a de tout temps été le résultat d’une sélection plus ou moins pertinente de sources concordantes-, avec The Stream c’est surtout l’attention des super-users de Twitter et de Facebook qu’Al-Jazeera entend capter. Et de les fidéliser à long terme. En reconnaissant que leurs activités en ligne sont des sources crédibles pour des “vrais” journalistes, en  montrant à l’antenne leurs tweets, leurs photos sur Flickr, leurs vidéos sur Youtube et en les responsabilisant dans la “remontée d’infos” vers la surface d’un média à forte audience, c’est une bataille majeure qu’Al-Jazeera engage avec ses concurrents, et pas qu’aux USA (cfr. par ailleurs cet excellent papier consacré aux innovations des médias américains, par Alice Antheaume sur Slate.fr). Celle des relais d’opinions, des influenceurs, des propagateurs de buzz, de ces jeunes armés de leurs ordinateurs et smartphones connectés pour qui la chaîne apparaîtra comme le référent naturel pour agir, réagir et interagir. Un combo imbattable pour siphonner les budgets des annonceurs on et offline.  Strike, échec et mat  …

Ni Al-Jazeera ni le Département d’Etat ne savent sans doute exactement où cette présence active sur les réseaux sociaux les mènera. Mais tout deux savent pertinemment que l’attention humaine a ses limites et qu’ils ne sont pas les seuls sur ce marché. Cela fait 30 ans que le web manifeste l’émergence de nouveaux comportements, et les événements récents tendent à démontrer qu’en matière de politique comme de médias, il ne suffit plus d’être celui qui crie le plus fort pour être le mieux entendu.

Vous avez des questions concernant cet article ? Utilisez la fenêtre ci-dessous pour me les poser, j’y répondrai en vidéo le plus rapidement possible

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Crédits photo: Flickr CC MATEUS_27:24&25, US Army

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Egypte: le mode dégradé de la révolution http://owni.fr/2011/01/30/egypte-le-mode-degrade-de-la-revolution/ http://owni.fr/2011/01/30/egypte-le-mode-degrade-de-la-revolution/#comments Sun, 30 Jan 2011 14:35:08 +0000 Olivier Tesquet http://owni.fr/?p=44638 Depuis que l’Etat égyptien a intimé à ses fournisseurs d’accès à Internet l’ordre d’éteindre momentanément Internet le 28 janvier, le monde est resté cramponné à la télévision. Et tandis que la chaîne saoudienne Al-Arabiya était dans la tourmente (MàJ du 30/01 à 16h40: depuis que le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a affiché son soutien à Moubarak, la couverture a sensiblement changé), des millions de paires d’yeux se sont braquées des heures durant sur le stream d’Al-Jazeera English. En boucle, des images hallucinantes se sont succédées: on a vu des manifestants stopper leur marche en avant pour effectuer leur prière du vendredi à quelques mètres seulement des forces de police; on a vu les chars entrer dans Le Caire; on a entendu les forces de sécurité frapper à la porte du studio cairote pour couper la retransmission.

La génération des baby-boomers en témoignera, la télévision donne bien souvent l’impression de vivre l’histoire en direct, comme à l’époque du premier pas de Neil Armstrong sur la Lune, en 1969. La couverture effectuée par la chaîne qatarie réveille ce sentiment, qu’on croyait réservé aux pages sépia des anthologies illustrées du petit écran. Dans un écosystème où l’exclusivité se dispute d’ordinaire à la propriété, elle a décidé de fournir une partie de ses images en Creative Commons. Et pour parachever le tout, son site a enregistré une hausse de fréquentation de 2.500%. Gênées aux entournures, les autorités égyptiennes ont tenté d’éteindre le signal en ordonnant la confiscation des accréditations de la chaîne. Qui fera appliquer cette décision? Selon certains témoignages directs, les équipes de la chaîne auraient été menacées.

Vendredi, les forces de police encore inféodées à Moubarak avaient tenté de sécuriser l’accès au siège de la télévision d’Etat, celui-là même où le président chahuté à annoncé la démission du gouvernement. Aujourd’hui, il semble que ce canal soit aussi épais que le lien qui relie encore l’octogénaire à son siège de président: une peau de chagrin. Dans un climat de blackout généralisé, Al-Jazeera a fait le travail de C-SPAN, la chaîne parlementaire américaine, publique et sans publicité, qui retransmet en continu les débats du Sénat et de la Chambre des représentants. On n’en parle pas souvent, mais C-SPAN (l’abréviation de Cable-Satellite Public Affairs) est un formidable acquis social.

Dupliquée, répliquée, distribuée

Depuis les événements iraniens de juin 2009, l’idée d’une révolution assistée par les réseaux a fait du chemin. Elle a fait son chemin de Damas aussi, c’est à dire qu’elle est revenue en pleine face de ceux qui s’en sont fait les prophètes. Après le soulèvement tunisien, nombreux sont ceux qui ont voulu voir la marque de Facebook ou de Twitter dans le renversement de Ben Ali. Et même si le disjoncteur a sauté du côté égyptien, faut-il se fier à la locution post hoc ergo propter hoc, “ceci, donc à cause de ceci”? Entre les agnostiques (qui croient à l’idée d’une révolution pilotée par Internet sans vouloir lui donner de nom) et les apostats (qui ont renoncé à cette croyance), on se chamaille à grand renfort d’appréciations. Sur Rue89, Pierre Haski cherche l’analogie entre la contagion arabe et les “manifestations du lundi” qui ont précédé la chute du Mur de Berlin:

Le résultat est que la fuite de Ben Ali a eu l’effet du mur de Berlin sur les peuples du monde arabe. Psychologiquement en tout cas, puisque dans de nombreux pays (Algérie, Jordanie, Egypte, Yémen…), on a enregistré des immolations désespérées comme à Sidi Bouzid, des manifestations contre le pouvoir en place, la censure d’Internet pour empêcher les réseaux sociaux d’y jouer le rôle de vecteur du ferment révolutionnaire qu’on a vu en Tunisie.

Avec la tournure de la révolte égyptienne, la tentation est grande de renvoyer Gil-Scott Heron et sa saillie de 1970 contre les médias de masse (“The Revolution Will Not Be Televised”) sur les rayonnages des aficionados du spoken word. Mais attention à l’emballement: la révolution n’est pas plus télévisée aujourd’hui au Caire qu’elle n’était tweetée hier à Tunis, Téhéran ou Chisinau. Al-Jazeera n’est “que” le véhicule d’une révolution dupliquée, répliquée, distribuée, disséminée, faxée.

Mode dégradé

A y regarder de plus près, l’Egypte est le négatif presque intact de la Tunisie. Après l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, les réseaux servaient à donner de la profondeur à une télévision réduite aux clapotis en surface. Après les premières manifestations à Suez, Alexandrie ou Le Caire, cette même télévision permet de contourner le cheval de frise d’un Internet coupé.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le plus remarquable dans l’exemple égyptien, c’est l’adaptation des usages. Sur les canaux IRC ou les Etherpad mis à disposition un peu partout sur le web, les Anonymous ont mis en place deux stratégies aussi antinomiques qu’elles sont complémentaires. D’un côté, ils privilégient la distribution de flyers, l’envoi de signaux en morse, le recours aux radios amateur (HAM radios) et même l’envoi par fax des mémos de WikiLeaks concernant l’Egypte. C’est la partie convexe, la plus saillante, qui ne cherche pas à se cacher mais tire la langue à la censure, parce qu’elle est lui offre précisément très peu de préhension. Aux premières heures de la contestation, certains allaient même jusqu’à invoquer un argument presque néo-luddite: “Ne vous appuyez pas sur les communications en ligne”.

De l’autre côté, loin d’appeler au bris des machines, les mêmes Anonymous fournissent aux Egyptiens le vade-mecum d’un Internet court-circuité: Tor, proxies, VPN, IP nues, ils fournissent toutes les indications pour échapper à la surveillance du web. A cela s’ajoutent plusieurs initiatives, comme celle de We Rebuild, un wiki qui agrège également les moyens de contournement, ou du FAI français FDN (French Data Network), qui a ouvert un compte d’accès RTC aux Egyptiens pour se connecter à partir de leur ligne fixe. En d’autres termes, les soutiens aux manifestants tentent d’organiser la résistance et la guérilla à l’aide de modems 56K. C’est la partie concave, tournée vers l’intérieur, presque vers l’arrière. C’est la réappropriation des principes du do-it-yourself: Internet, comme la révolution, “fais-le, fais-là toi même”.

L’apparition et le développement de ce mode dégradé de l’Internet (à cette échelle, c’est le premier exemple) laisse-t-elle présager de l’apparition d’un web “steampunk”, capable de régresser pour mieux combattre? Comme une blatte dans l’hiver nucléaire, le réseau se comporte comme un roseau. Ce qui se passe en Egypte n’est pas un mot-valise destiné à garnir des quatrièmes de couverture ou à faire école. Ce qui se passe en Egypte n’est ni une révolution Twitter, ni une révolution télévisée. C’est une révolution informée. Et à ce jour, c’en est la forme la plus aboutie.

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Crédits photo: Flickr CC modenadude, capture d’écran du stream d’Al-Jazeera.

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Media bizmodels: time-sellers & watchmakers http://owni.fr/2010/10/01/media-bizmodels-the-time-sellers-and-the-watchmakers/ http://owni.fr/2010/10/01/media-bizmodels-the-time-sellers-and-the-watchmakers/#comments Fri, 01 Oct 2010 18:23:00 +0000 Nicolas Kayser-Bril http://owni.fr/?p=30040 Can you imagine a world where people on the street charge you $1 to tell you the exact time? Sounds ridiculous, doesn’t it? And yet, that’s exactly what news outlets are aiming to do: making a profit selling a free commodity.

At its core, news is available for free. Not only can you read it, see it or hear it in various forms, online or on air, many actors actually have an interest in spreading news for free. Traditional media organizations produce a smaller and smaller share of the total news output. Now that publishing costs have crashed, all those who have a message to push across can do it on their own.

Everybody wants to give you news

Governments, NGOs and captains of industry all have an interest in spreading their world-view so as to shape minds and advance their agendas. When a government pays for a 24-hour news channel that you can watch for free, such as Qatar’s AlJazeera and its YouTube channel, they don’t plan so much on selling eyeballs to advertisers, as on spreading a Weltanschauung that differs from the one provided by traditional international media. When Greenpeace posts job offers on journalists’ websites, their interest lies not in producing independent journalism, but in having articles written that will promote their activities.

Even traditional brands now operate under a for-prestige rather than for-profit rationale. Russian oligarch Pugachev Junior’s buyout of money-bleeding French daily France-Soir coincided strangely with Pugachev Senior’s deal that will see his shipyards build three French-designed Mistral-class amphibious assault ships. Some observers took it as evidence of newspapers now being used to funnel influence rather than profit.

Media organizations ceased to act as a filter between the public and business or political actors. The latter can reach their audience directly by giving away news content, therefore driving the cost of a single news item to 0. Just like the time of the day is shown on public displays, news is shared and received by the end-user at no cost.

Selling watches

Despite the obviousness of time’s costless nature, the clock and watch industry is a $17-billion operation in Switzerland alone. Value comes not from the end-use; rather, it is added with the case, the prestige, its simplicity or the style of the object.

News outlets have to switch their standing from time sellers to watchmakers. Is it a surprise to see an aggregative media outlet such as the Huffington Post, jump past established brands of the likes of The Washington Post and The LA Times? Not if it is understood that value isn’t derived from the volume of the content, but rather from the way it is organized.

One might look at an ancient sculpture and see a piece of stone while others can see a work of art. It all depends on the conservation efforts of the museum it is exposed in. In an age of content overabundance, care must be at the center of a news organization’s processes. Value doesn’t lie in the content, but in the way it is edited. Editors must watch over the sea of content available to them, select the pieces that will be most relevant to their audience and present them in an attractive way, just like a curator prepares his or her exhibition. This method is at work in the most successful single-person news operation online ever, the Drudge Report.

Manufacturing luxury cases for your news

In France, OWNI works in much the same way. A team of about 6 editors picks content from a 700-strong community of contributors and bloggers and edits it. Here at Owni, Editing is intended in its original, Latin sense of putting forward, as articles are sublimated from a basic, blog post form into a full-fledged news article and propelled into social networks, to be used and discussed by the whole community.

Original content can be commissioned when needed. Since editors watch over content produced elsewhere, these articles are sure to escape the pitfall of pack or copy & paste journalism. They are, most of the time, high-quality investigations that are then republished by other news websites, à la ProPublica.

Our business model differs from the ones described above, in the sense that our media is not and will not become a revenue stream. Rather, it is a showcase and a R&D lab. The experience we gather at OWNI is then reused on our for-profit arm, 22mars, which offers social media and datajournalism solutions to institutional and media clients.

Beyond our success, as shown by our nomination in the Online Journalism Association Awards, internet mogul Xavier Niel is taking part in our first financing round, and the fact that we’re probably the only profitable online, general-interest news operation in France, this business model is in use in many other companies, albeit in a less obvious form. Another French website, Rue89, also makes close to half of its turnover from services such as website deployment and training.

In Ukraine, the online media group FineWeb also has a news operation, HighWay (that resembles Oh My News rather than OWNI), as part of a larger portfolio of brands focused on particular verticals, such as Formula1, tennis or fashion. These properties run on cross-posting and translation of already-published content, playing the role of a luxury case that displays information. And it works, judging from the 400,000 monthly unique users the group gathers in a market 50 times as small as the US.

Content curation will not be the silver bullet that saves journalism. Nor will the bicephalous combination of a for-profit arm allied to a non-profit media. But they’re an answer among others to the media crisis. A sustainable one.

Photo credits CC : BrandonCwarren / bgavard-renoirCurious Expeditions

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