OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les enjeux des médias sociaux pour les marques http://owni.fr/2010/09/28/les-enjeux-des-medias-sociaux-pour-les-marques/ http://owni.fr/2010/09/28/les-enjeux-des-medias-sociaux-pour-les-marques/#comments Tue, 28 Sep 2010 12:37:17 +0000 Genaro Bardy http://owni.fr/?p=27891 Titre original : Les Médias Sociaux et les Marques : La Bataille de la Matérialisation. Nouveaux Formats, Nouveaux Enjeux.

Jusqu’en 2005 la problématique pour une marque sur Internet était simple. Comment les fonctionnalités interactives vont :

  • présenter ma proposition de produits / services de la manière la plus efficace ?
  • transformer un visiteur de mon site / lecteur de ma pub en client ?

Les sites web ont changé

Le développement de médias de conversation est un eldorado pour les marques à beaucoup d’égards :

Mais l’analyse simple des mécaniques de réseau qui se développent sur les médias de conversations comme Twitter ou Facebook devrait nous confirmer ce que nous savons déjà :

  • les conversations n’ont pas pour objectif de passer à un acte d’achat
  • la relation avec les marques pour les individus est exceptionnelle sur les médias sociaux

En d’autres termes, utiliser les médias sociaux avec un objectif strictement commercial est une aberration dans l’appréhension de l’outil et de sa finalité.

Une conversation a pour issue une relation

On pourrait formuler de nombreuses exceptions avec l’économie qui se développe sur Facebook, notamment par l’intermédiaire de pages fan.

  • Facebook a atteint une taille gigantesque qui autorise toutes les stratégies commerciales conventionnelles
  • le temps passé par les internautes est le véritable enjeu de Facebook et du positionnement des marques dans la vie ou le temps de cerveau de ses clients potentiels
  • si vous ne deviez choisir qu’un seul outil pour une stratégie web ? Pas de site, et rien d’autre qu’une page Facebook, cela pourrait très bien fonctionner. Facebook est uncouteau suisse très bien armé.-

MAIS une conversation n’engendre pas un acte d’achat ! Une conversation a pour issue une relation.

Ce qui transforme un visiteur en client, c’est un bénéfice

Retournez le problème dans tous les sens, si je rentre en conversation avec une marque, un community manager, un logo ou une pub, en aucun cas je ne me propose de passer à un acte d’achat.

Au mieux j’ai une attitude ludique vis a vis de la marque, et je participe à la diffusion virale d’un message.

Non. Ce ne sont pas les conversations qui transformeront des visiteurs en clients.

Ce qui transforme un visiteur en client, c’est un bénéfice. Qu’il prenne la forme d’une promotion, réelle ou perçue, ou d’une simple commodité comme la vente à distance.

Promotion ou VAD

La place des marques sur les médias sociaux

Les marques n’auraient-elles pas leur place sur les médias sociaux ?

Bien sur que si. Mais pas dans la forme qui pourrait être évidente a priori.

L’enjeu n’est pas pour les marques de prendre part à des milliers de conversations avec des batteries de community manager. La bataille se situe ailleurs.

Prenons les 2 exemples des réseaux stars, nous verrons que les marques y ont toute leur place

  • Facebook est leader sur le display et est en train de gagner une victoire essentielle dans le panel Media à disposition des entreprises
  • les “sponsored tweets” de Twitter montrent une réelle efficacité en étant validés par l’outil uniquement s’ils sont partagés par les utilisateurs

On voit bien dans ce dernier exemple que la diffusion par les utilisateurs correspond à la validation d’un bénéfice perçu.

Pardon pour les confrères de Twitter ou Facebook, ces réseaux parlent simplement à plus de monde, ces constats valent aussi pour vous.

Tweete ta promo

L’enjeu pour les marques est la matérialisation

Vous voulez entrer en conversation ? Gardez ça pour le CRM.

Avec 145 millions d’utilisateurs d’un coté et 500 millions de l’autre pour Twitter et Facebook, quel est l’enjeu de ces milliards de conversations qui se tiennent chaque jour ?

Ce que j’appellerai la matérialisation.

Il convient pour une marque de se poser la question en ces termes :

comment transformer une interaction en occasion de business, en bénéfice perçu par l’utilisateur ?

Et à moins que votre business model ne repose sur une vente à distance, pour laquelle le web est un outil idéal, la transformation d’une interaction en occasion de vente passera toujours par LE LIEU où se trouve votre client, ou en l’occurrence l’utilisateur des médias sociaux.

L’outil de matérialisation serait donc géo-localisé.

La matérialisation passe par la géo-localisation


Foursquare sur Times Square

Nous venons ici de tracer quelques contours qui aboutissent à un regard très différent sur la publicité gigantesque sur Timesquare d’un nouvel entrant nommé Foursquare dont la particularité est de proposer deux expériences majeures dans l’adoption des médias sociaux : le jeu, et donc la localisation.

Pendant que Google et Apple s’écharpent sur un marché très juteux lui aussi par ailleurs, celui de la musique. Facebook se positionne clairement sur un marché qui présente un potentiel au moins aussi grand : la base de données d’entreprises locales.

Le principal acteur du secteur en dehors de la France ? Google, bien justement.

Facebook Places est le premier pion, bien discret, dans une offensive massive contre la puissance incontestable de l’outil Google maps.

Les armes à disposition pour la matérialisation: quels sont les nouveaux formats ?

Une fois cet enjeu définit, essayons d’explorer quelques manières de transformer une interaction en expérience de marque réelle et locale :

  1. la puce RFID
  2. le QR code
  3. la réalité augmentée
  4. le statut

Dans tous les cas, ces moyens ne pourront être validés que si un bénéfice est perçu par les utilisateurs. Dans tous les autres cas les clients ne prendront pas le temps de s’y attarder.

Ce que j’appelle “Matérialisation” correspond ici à la transformation en action physique d’une interaction numérique, notamment sur les réseaux sociaux.


Facebook = Qui ? Enjeu = Où ?

1. Rfid : la puce qui suit les clients

Tout ce que la pub compte de veilleur est maintenant au courant des initiatives de Coca-Cola ou Diesel qui utilisent des ressorts classiques des réseaux sociaux pour interagir avec des clients “IRL“.

L’exemple de Coca-Cola est emblématique: l’utilisation d’une puce RFID permet de mettre a jour automatiquement un statut Facebook.

L’objectif est ici d’associer clairement une expérience ludique à la marque.

Dans tous les autres cas, la puce RFID est un corps étranger dont les internautes n’auront probablement pas besoin.
Ils ont déjà un portablesmartphone pour interagir avec leur environnement.

La puce RFID est un moyen de rendre connectable des objets qui ne le sont pas à priori, ce qui n’est pas le cas des homo sapiens sapiens des pays développés puisqu’ils ont un portable GPS.

En conséquence, pensez à tous les objets dans lesquels vous pouvez introduire une puce RFID (pas là bande de cochons) et vous aurez devant vous un média potentiel qui agit sur Facebook en même temps que son utilisateur.

Intéressante perspective pour un marketeux …

Cliquer ici pour voir la vidéo.

2. QR Code : le média qui est déjà là

Les formats sont en constante évolution, mais ils sont toujours assujettis au média qui les transporte.

Le QR Code est en effet un objet publicitaire qui est par nature géolocalisé. Il se trouve sur un support 2D, donc une pub si ce support est exploité par une marque. Cette pub ce trouve elle-même sur un média acheté ou possédé par la marque.

En proposant un QR Code dans un format publicitaire, une marque a la possibilité de faire le chemin inverse d’une puce RFID :

  • Passer d’une expérience de marque, selon que le QR Code soit sur une pub ou sur un lieu de vente, à un téléphone portable et une expérience interactive.
  • Nous avons vu par ailleurs que le mobile était déjà notre principal moyen de localisation pour les clients.

De la même manière, il est intéressant de se poser la question : comment un QR code peut proposer une expérience innovante ? Car il est bien évident qu’il peut être générateur de bien d’autres choses qu’un simple lien vers un site web ou une pub YouTube, quant on voit le nombre d’applis présentes maintenant sur un smartphone.

Si votre réponse contenait Twitter ou Facebook, il est probable que vous soyez sur une voie intéressante. :)

3. La réalité augmentée : L’expérience de marque localisée

J’ai déjà exprimé pourquoi la réalité augmentée est en réalité un outil de localisation.

La réalité augmentée est une expérience qui dépend du lieu de son utilisateur, que l’interface soir sur un lieu de vente ou sur un mobile, c’est donc clairement une technologie liée à la géolocalisation.

De la même manière, il convient pour une marque d’envisager comment cet outil, notamment sur un portable, peut inter-agir avec le social graph de son utilisateur, que ce soit sur facebook ou ailleurs.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

4. Le statut : simple comme un bouton like


Le Statut est associé à une promotion

Vous pouvez vous demander ce que le statut, si simple en apparence, viens faire au milieu de technologies si avancées. Et vous avez bien raison.

Je considère que le statut est celui qui a le plus de potentiel de matérialisation :

  • Le statut est simple
  • Le statut est gratuit
  • les utilisateurs y sont de plus en plus éduqués

Ne nous y trompons pas, le check-in de foursquare est bien un statut. Il est simplement localisé et associé à un emplacement plutôt qu’à une position lat./long.
Mais il reste l’expression d’un statut. Tout comme le fait d’aimer un objet social avec facebook.

Pourquoi le statut est une occasion de business ?

N’ai-je pas introduit ce billet en arguant que les conversations ne généraient pas des clients ? Pas exactement. Pas si elles sont géo-localisées. Pas si elles donnent accès à un bénéfice.

Associez une promotion à un statut localisé, vous aurez une occasion de vente.

Et c’est précisément ici qu’entre en ligne de compte un acteur qui est LA rising star de l’année : Groupon.

Groupon offre des promotions dans votre ville.
On ne peut pas plus simple. On ne peut pas plus efficace.

Imaginons un instant que Groupon se paye Foursquare.

Ça aurait de la gueule. Et Facebook pourrait se faire du souci. Mais je pense que Facebook s’y prépare.

Je sais pas vous mais je sens qu’on va bien s’amuser.

Références:

> Article initialement publié sur Narominded.com

> Illustration FlickR CC : Will Lion

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Les méfaits d’une grande audience sur Twitter http://owni.fr/2010/08/18/les-mefaits-d%e2%80%99une-grande-audience-sur-twitter/ http://owni.fr/2010/08/18/les-mefaits-d%e2%80%99une-grande-audience-sur-twitter/#comments Wed, 18 Aug 2010 06:31:23 +0000 Valentin Pringuay http://owni.fr/?p=24979

Parfois, il y a des histoires qui sont tellement intéressantes qu’il faut juste les raconter. Mais écrire un blog, c’est souvent donner son avis. Je suis pourtant également de ceux qui aiment beaucoup écouter les gens parler et apprendre de leurs paroles. L’article qui suit n’est donc pas véritablement de moi. Il a été écrit par Clive Thompson sur Wired [EN] et j’avais juste envie de le traduire pour le partager avec une audience francophone. Bien évidemment, je l’ai enrichi et me suis approprié le sujet.
Et, une fois que vous l’aurez lu, j’espère pouvoir m’enrichir de vos paroles et juste vous écouter en commentaire.

Lorsque nous parlons de réseau social, plus c’est grand, mieux c’est. Du moins, c’est ce que de nombreuses personnes pensent. Plus le nombre de personnes qui vous suivent ou sont amis avec vous est grand, plus vous êtes important et génial. C’est pourquoi nous sommes parfois tellement en admiration devant des personnes qui ont plus d’un million de followers sur Twitter.
Mais avoir une énorme audience sur Twitter peut avoir des points négatifs.

Lorsque vous passez de quelques centaines de followers à une dizaine de millier, quelque chose d’inattendu se produit : le principe de réseau social vole en éclat.

Prenons le cas de l’Américaine Maureen Evans.
Cette jeune femme utilise Twitter depuis ses tout débuts en 2006, où elle arriva rapidement à une centaine de followers. Comme de nombreux utilisateurs, elle appréciait la nature des conversations que faisait naître ce medium : un follower répondait à l’un de ses messages et d’autres followers allaient venir immiscer dans la conversation pour faire naître une véritable conversation.
Puis, en 2007, elle commença un petit projet sur Twitter : publier des recettes, chacune condensées en 140 caractères. Elle amassa très vite 3000 followers, mais sa communauté en ligne ressemblait toujours à une petite ville : parmi ses habitués, les gens se connaissaient et discutaient entre eux.
Mais alors que son audience grandissait encore et encore, dépassant les 13.000, le sens de communauté s’évapora. Les personnes arrêtèrent de discuter ou de lui adresser la parole.

C’était devenu totalement silencieux

s’étonna-t-elle.
Pourquoi ? Parce que la socialisation ne pouvait plus suivre. Une fois qu’un groupe a atteint une certaine taille, chaque participant commence de nouveau à s’y sentir anonyme. Les personnes qui semblaient proches, presque comme des amis, semblent soudainement trop importantes, et donc distantes.
“Elles ont l’impression qu’elles ne peuvent plus être celles qui feront la contribution utile”, explique Maureen Evans : donc la conversation s’arrête.

Retour à une diffusion de type radio ou télévision

Mais Evans n’est pas la seule. Cette histoire semble se répéter chez de nombreuses personnes qui ont gagné en popularité sur Twitter. Avec quelques centaines ou milliers de followers, elles s’amusent – mais dès que l’on franchit une certaine limite, le réseau social s’effondre et les médias sociaux ne sont plus sociaux du tout.
Il ne s’agit plus vraiment de discuter et de partager
puisque nous retournons à quelque chose qui ressemble d’avantage à une diffusion dans le pur style radio ou télévision.
Une personne avec plusieurs dizaines de milliers de followers va diffuser de l’information sans que les interactions soient aussi riches qu’avec 1000 followers.
Les followers vont partager l’information, la “retweeter”, simplement parce qu’il s’agit de la seule chose à faire.
Donner son avis ? Pour quoi faire ? Quelqu’un comme Eric Dupin (@pressecitron) doit recevoir plus de trente réponses à la moindre question.
Est-ce que vous pensez qu’il est possible ensuite de remercier/discuter/débattre avec chacune d’elle sans que cela devienne un job à plein temps ?
Lorsque vous avez 1000 followers, vous avez tendance à répondre à toutes les personnes qui vous envoient un message, voire à remercier pour chaque retweet.
Lorsque vous avez atteint 40.000 followers, le choix des personnes à qui répondre se fait de la même façon que sur le standard d’une radio. Cet “auditeur” a des propos intéressants, répondons-lui, donnons-lui la parole… même si cela signifie laisser l’immense majorité des autres personnes dans le silence.

Un outil pour anticiper  un trop grand cercle social ?

Et si la conversation devient plus difficile lorsque le nombre de followers dépasse un certain seuil, ce n’est pas seulement à cause de cette audience qui se sent intimidée. S’il est plus difficile pour les personnes de ressentir la même proximité avec une personne qui a 50.000 followers qu’avec une personne qui en a 500, la personne en question a aussi tendance à s’auto-censurer.
En effet, les personnes qui se retrouvent avec une audience énorme ont tendance à écrire de manière plus prudente, un peu comme un homme politique.

Clive Thompson terminait son article en se faisant la réflexion que, peut-être, fallait-il créer des outils qui récompenseraient l’anonymat, qui encourageraient à rester dans l’ombre. Il pense aussi à un service qui préviendrait les utilisateurs lorsque le cercle social devient trop grand pour être viable.
Je ne suis pas totalement convaincu par cette approche qui ne fonctionnera pas auprès du grand public, mais il a raison sur un point : être connecté à moins de personnes a un avantage : nous discutons avec eux, contrairement au fait de communiquer vers eux.

Billet initialement publié sur Web Tribulation

Image CC Flickr Desmond Kavanagh

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http://owni.fr/2010/08/18/les-mefaits-d%e2%80%99une-grande-audience-sur-twitter/feed/ 64
Le Cluetrain Manifesto appliqué à la politique http://owni.fr/2010/03/19/le-cluetrain-manifesto-applique-a-la-politique/ http://owni.fr/2010/03/19/le-cluetrain-manifesto-applique-a-la-politique/#comments Fri, 19 Mar 2010 13:33:30 +0000 Damien Van Achter http://owni.fr/?p=10391 2406305116_3d49243f6c

Image CC baratunde sur Flickr

Le Cluetrain Manifesto ( en français, Le manifeste des Évidences) est un petit peu la bible du  nouveau web. Sorties en 1999 par Levine, Locke, Searls & Weinberger, ces 95 affirmations sont autant de clés fondamentales pour comprendre les changements de mentalité que le web provoque, de gré ou de force, au sein des entreprises.

Une seule chose compte: l’utilisateur. C’est lui qui désormais mène la danse, fût-elle encore un peu folklorique :-)

Depuis que je blogue, j’ai relu à maintes reprises ce Cluetrain. Comme toutes les évidences, il faut avoir souvent enfoncé le clou pour se rendre compte de la puissance du marteau. Il y a trois ans, sentant un peu le vent venir, je m’étais attelé à transcrire à l’échelle de la politique les 95 thèses développées dans le Manifeste.

Amis français, vous qui allez voter dimanche, je crois que la lecture des quelques lignes ci-dessous devraient vous mettre en joie. Ou pas…

Électeurs connectés …

Les électeurs connectés commencent à s’organiser plus vite que les partis et les organismes politiques qui les ont traditionnellement ciblés. Grâce au web, ces électeurs deviennent mieux informés, plus intelligents et plus demandeurs en qualités, qui font défaut à la plupart des partis et organismes politiques.

… Les habitants de la Terre

Le ciel s’ouvre sur les étoiles. Les nuages passent au dessus de nous, jour et nuit. Les marées montent et descendent. Quoi que vous ayez pu entendre, ceci est notre monde, notre lieu d’être. Quoi qu’on ait pu vous dire, nos drapeaux volent librement au vent. Notre coeur bat à jamais. Habitants de la Terre, souvenez vous en.

95 thèses

1. Les collèges électoraux sont des conversations.

2. Les collèges électoraux sont constitués d’êtres humains, non de secteurs démographiques.

3. Les conversations entre humains sonnent de façon humaine. Elles sont menées sur un ton humain.

4. Que ce soit pour discuter d’information, d’opinions, de perspectives, d’arguments opposés ou humoristiques, la voix humaine est typiquement ouverte, normale, et naturelle.

5. Les gens se reconnaissent entre eux grâce au son même d’une telle voix.

6. L’Internet permet des conversations entre êtres humains qui étaient tout simplement impossibles à l’ère des masse-média.

7. Les hyperliens renversent la hiérarchie.

8. Au sein des collèges électoraux interconnectés, et des électeurs intraconnectés, les gens se parlent entre eux d’une  nouvelle façon puissante.

9. Ces conversations en réseau permettent à de nouvelles formes d’organisation sociale et d’échange de connaissance d’émerger.

10. Résultat, les électeurs deviennent plus intelligents, plus informés, plus organisés… La participation à un collège électoral en réseau change des gens fondamentalement.

11. Les électeurs en réseau ont compris qu’ils obtiennent des informations et une aide bien meilleures les uns des autres que des politiques. Autant pour la rhétorique corporatiste des partis pour ce qui est d’ajouter de la valeur à des sujets d’intérêts politiques d’intérêt général.

12. Il n’y a pas de secrets. Les électeurs connectés en savent plus que les partis sur les sujets politiques. Et que ce qu’ils découvrent soit bon ou mauvais, ils le répètent à tout le monde.

13. Ce qui arrive au sein des collèges électoraux se passe également parmi les électeurs. Une construction métaphysique appelée « le parti » est la seule chose qui les sépare.

14. Les partis politiques ne parlent pas dans la même langue que ces nouvelles conversations en réseau. Pour leurs audiences en ligne, les partis politiques semblent creux, plats et littéralement inhumains.

15. Dans quelques années à peine, l’actuelle voix homogène des politiques – le son des rapports de mission et des brochures – semblera aussi forcée et artificielle que le langage du 18ème siècle à la cour de France.

16. Déjà, les partis et les organismes politiques maniant boniment et charlatanisme, ne parlent plus à personne.

17. Les partis et les organismes politiques qui supposent que les électeurs en ligne sont les mêmes que ceux qui regardaient leur publicité à la télévision se moquent d’elles-mêmes.

18. Les partis et les organismes politiques qui ne réalisent pas que leurs collèges électoraux sont désormais un réseau d’individus à individus, plus intelligents par conséquence et très impliqués dans un dialogue, passent à côté de leur meilleure chance.

19. Les partis et les organismes politiques peuvent maintenant communiquer avec leurs électeurs directement. Si elles passent à côté, cela pourrait être leur dernière chance.

20. Les partis et les organismes politiques doivent réaliser que leurs électeurs rient beaucoup. D’eux.

21. Les partis et les organismes politiques devraient se détendre et se prendre un peu moins au sérieux. Elles ont besoin d’un sens de l’humour.

22. Avoir le sens de l’humour ne signifie pas mettre des blagues sur le site web du parti. A l’inverse, cela implique de grandes qualités, un peu d’humilité, du franc parler, et un véritable point de vue.

23. Les partis politiques et les organismes essayant de se positionner devraient avoir un positionnement. Dans l’idéal, il correspond à quelque chose qui intéresse vraiment leur collège électoral.

24. Les fanfaronnades ampoulées du genre « nous sommes en position pour devenir le principal fournisseur de XYZ » ne constituent pas un positionnement.

25. Les partis et les organismes politiques doivent descendre de leurs tours d’ivoire et parler avec les personnes avec lesquelles elles espèrent instaurer une relation.

26. Les relations publiques ne parlent pas au public. Les partis et les organismes politiques ont profondément peur de leurs collèges électoraux.

27.En s’exprimant dans un langage qui est distant, peu attrayant, arrogant, ils bâtissent des murs pour maintenir à distance leurs collèges électoraux.

28. La majorité des programmes électoraux sont fondés sur la crainte que les électeurs puissent voir ce qui se passe réellement à l’intérieur du parti.

29. Elvis le dit mieux : “Nous ne pourrons pas continuer avec un esprit soupçonneux”

30. La fidélité politique est la version politique de ne rien faire, mais la rupture est inévitable – et arrive vite. Parce qu’ils sont connectés, les collèges électoraux sont capables de réévaluer une relation en un clin d’oeil.

31. Les collèges électoraux en réseau peuvent changer de sujets d’intérêt du jour au lendemain. Les activistes en réseau peuvent changer de parti pendant le déjeuner. Vos propres conduites nous ont enseignés à nous poser la question : « la loyauté ? c’est quoi déjà ? »

32. Les collèges électoraux futés trouveront les francs-tireurs politiques qui parlent leur propre langue.

33. Apprendre à parler d’une voie humaine n’est pas un truc de parloir. Cela ne s’apprend pas au cours d’une quelconque conférence.

34. Pour parler avec une voix humaine, les partis politiques doivent partager les centres d’intérêts de leurs communautés.

35. Mais avant tout, elles doivent appartenir à une communauté.

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36. Les partis et les organismes politiques doivent se demander où s’arrêtent leur culture interne.

37. Si elle s’arrête avant que la communauté commence, elles n’auront aucun collège électoral.

38. Les communautés humaines sont basées sur le dialogue- sur des dialogues humains concernant des préoccupations humaines.

39. La communauté du dialogue est le collège électoral.

40. Les partis et les organismes politiques qui n’appartiennent pas à une communauté du dialogue sont condamnés.

41. Les partis et les organismes politiques voue un culte à la sécurité, mais c’est pour brouiller les pistes. La plupart se protège moins de leurs concurrents que de leur propres collège électoral et activistes.

42. De même que dans les collèges électoraux en réseau, les gens parlent également entre eux directement à l’intérieur du parti — et pas uniquement à propos des règles et régulations, des directives du comité central et des scores électoraux.

43. De telles conversations ont lieu aujourd’hui sur les intranets politiques. Mais seulement quand les conditions sont réunies.

44. Les partis et les organismes politiques installent généralement des intranets de haut en bas pour diffuser des consignes et autres informations internes que les activistes font de leur mieux pour ignorer.

45. Les intranets ont naturellement tendance à devenir barbants. Les meilleurs sont construits de la base vers le haut, par des individus engagés, coopérant dans le but de construire quelque chose avec plus de valeur.

46. Un Intranet sain organise les activistes dans tous les sens du terme. Son effet est plus radical que l’ordre du jour de n’importe quel syndicat.

47. Bien que cela terrifie les partis politiques, ils ont également largement besoin d’intranets ouverts pour générer et partager des informations critiques. Elles doivent résister à l’envie d’améliorer ou de contrôler ces conversations en réseau.

48. Quand les intranets des partis ne sont pas bloqués par la peur et les règles juridiques, le type de conversation qu’ils favorisent, résonnent remarquablement comme les conversations des collèges électoraux.

49. Les diagrammes organisationnels fonctionnaient dans une ancienne économie, où les plans pouvaient être totalement compris au plus haut de la pyramide manageuriale et que des ordres de travail précis pouvaient alors être donnés vers le bas.

50. Aujourd’hui, la charte organisationnelle est hyperliée, et non hiérarchique. Le respect pour la transmission de la connaissance est bien plus fort que celui pour une autorité abstraite.

51. Le management du style commander-et-contrôler vient de et renforce la bureaucratie, la lutte du pouvoir et une culture globale de la paranoïa.

52. La paranoïa tue le dialogue. C’est son but. Mais le manque de dialogue peut tuer un parti.

53. Il y a deux sortes de dialogues en cours. Un à l’intérieur du parti. Un avec les électeurs.

54. Dans la plupart des cas, aucun des deux ne se passe très bien. Pratiquement à chaque fois, la cause de l’échec peut être ramenée à des notions obsolètes de l’autorité et du contrôle.

55. En tant que politiques, ces notions sont du poison. En tant qu’outils, elles ne marchent pas. L’autorité et le contrôle rencontrent l’hostilité des acivistes intraconnectés et génère une méfiance parmi les électeurs interconnectés.

56. Ces deux conversations veulent dialoguer l’une avec l’autre. Elles parlent le même langage. Elles se reconnaissent mutuellement.

57. Les partis et organismes politiques futés se pousseront et aideront l’inévitable à arriver plus vite.

58. Si la volonté de se mettre de côté était un critère d’évaluation du QI, alors très peu de partis politiques sociétés seraient dans le coup.

59. Aussi subliminal que cela soit sur le moment, des millions de personnes en ligne perçoivent maintenant les partis politiques comme à peine mieux que de pittoresques fictions légales qui font de leur mieux pour éviter que ces conversations ne se croisent.

60. C’est suicidaire. Les électeurs veulent parler aux partis politiques.

61. Malheureusement, la partie du parti à laquelle les électeurs connectés veulent s’adresser, est généralement cachée derrière un écran de fumée de boniments, d’un langage qui sonne faux, et qui généralement, l’est.

62. Les électeurs ne veulent pas parler aux portes-parole. Ils veulent participer aux conversations ayant cours de l’autre côté du mur d’enceinte du parti.

63. Se mettre à nu, être personnel. Nous sommes ces collèges électoraux… Nous voulons vous parler.

64. Nous voulons accéder à votre information interne, à vos plans, vos stratégies, vos meilleurs projets, votre sincère connaissance. Nous ne nous contenterons pas d’une brochure en couleurs, d’un site web plein à craquer de poudre aux yeux mais sans aucune substance.

65. Nous sommes également les militants de bases qui font fonctionner vos partis politiques. Nous voulons parler aux électeurs directement de notre propre voix et non selon des platitudes écrites dans un manifeste.

66. En tant qu’électeurs, que militants, nous n’en pouvons vraiment plus d’obtenir notre information via des télécommandes. Quel besoin avons-nous d’assemblées annuelles impersonnelles et de sondages électoraux de troisième ordre pour nous présenter les uns aux autres ?

67. En tant qu’électeurs, que militants, nous nous demandons pourquoi vous n’écoutez pas. Vous avez l’air de parler dans une autre langue.

68. Ce jargon autosuffisant que vous jetez alentours – dans la presse, à vos conférences – en quoi ça nous concerne ?

69. Peut-être vous impressionnez vos donateurs. Peut-être vous impressionnez Euronext. Vous ne nous impressionnez pas.

70. Si vous ne nous impressionnez pas, vos donateurs en seront de leur poche. Est-ce qu’ils ne peuvent pas comprendre cela ? S’ils le comprenaient, ils ne vous laisseraient pas nous parler ainsi.

71. Vos notions fatiguées de l’ »électorat » rendent vos yeux ternes. Nous ne nous reconnaissons pas dans vos projections. Peut-être parce qu’on est déjà allé voir ailleurs.

72. Nous aimons beaucoup ce nouvel espace électoral. En fait, nous le créons.

73. Vous êtes invité, mais c’est notre territoire. Laissez vos chaussures à l’entrée. Si vous voulez trinquer avec nous, descendez de votre cheval !

74. Nous sommes immunisés contre la propagande. Laissez tomber.

75. Si vous voulez nous parler, dites-nous quelque chose. Et quelque chose d’intéressant, pour une fois.

76. On a des idées pour vous aussi : de nouveaux outils dont nous avons besoin, de meilleurs propositions. Des propositions pour lesquelles nous sommes prêts à voter. Vous avez une minute ?

77. Vous êtes trop occupés à « faire de la politique » pour répondre à notre email ? Zut, désolé, on reviendra plus tard. Peut-être.

78. Vous voulez notre vote ? Nous voulons votre attention.

79. Nous voulons que vous arrêtiez votre trip, votre névrotique attention sur vous-même, venez faire la fête.

80. Ne vous inquiétez pas, vous pouvez encore gagner des voix. Enfin, à condition que ce ne soit pas votre seul soucis.

81. Avez-vous remarqué que l’argent en soi, est un peu unidimensionnel et ennuyeux ? De quoi d’autre pourrait-on parler ?

82. Vos discours ne touchent plus personne. Pourquoi ? On aimerait interroger les personnes qui les ont rédigés. Votre stratégie politique n’a aucun sens. Nous aimerions en discuter avec votre président. Comment ça, il n’est pas là ?

83. Nous voulons que vous preniez vos dizaines de milliers d’électeurs autant au sérieux qu’un seul journaliste du Soir.

84. On connaît des gens dans votre parti. Ils sont plutôt sympas en ligne. Vous en avez d’autres comme ça que vous cachez ? Est-ce qu’ils peuvent sortir pour venir jouer ?

85. Lorsque nous avons des questions, nous nous tournons les uns vers les autres pour obtenir des réponses. Si vous n’aviez pas une main si dure sur « vos gens » peut-être que nous nous tournerions vers eux.

86. Lorsque nous ne sommes pas occupés à être votre « cible électorale », la plupart d’entre nous sont vos gens. Nous préférions discuter avec des amis en ligne, plutôt que de regarder l’heure. Cela diffuserait votre nom d’une façon bien plus efficace que votre site web à un million d’euro. Mais vous nous dites que s’adresser aux électeurs est réservé aux porte-parole.

87.Cela nous ferait plaisir que vous compreniez ce qui se passe ici. Ce serait vraiment bien. Mais ce serait une grave erreur que de croire que nous allons vous attendre.

88. Nous avons de meilleures choses à faire que de nous soucier de savoir si vous allez changer à temps pour conquérir nos voix. Les élections ne sont qu’une partie de nos vies. Elles semblent remplir complètement la votre. Réfléchissez-y : qui a besoin de qui ?

89. Nous avons un vrai pouvoir et nous le savons. Si vous ne saisissez pas le concept, une autre équipe va débarquer qui sera plus attentive, plus intéressante, plus sympa pour jouer avec.

90. Même dans le pire des cas, notre toute récente conversation est plus intéressante que la plupart des salons professionnels, plus divertissante que n’importe quelle série télé, et certainement plus proche de la vie que les sites web institutionnels que vous avons vus.

91. Notre allégeance va à nous-mêmes, à nos amis, à nos nouveaux alliés et connaissances, et même à nos adversaires. Les partis et organismes politiques qui n’ont pas de liens avec ce monde, n’y auront pas de futur non plus.

92. Les politiciens dépensent des milliards d’euros pour « lutter contre le terrorisme ». Pourquoi n’entendent-ils pas la bombe à retardement de cet électorat ? Les enjeux sont bien plus importants.

93. Nous sommes à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des partis politiques. À l’intérieur et en dehors d’eux. Les barrières qui délimitent nos dialogues sont comme le mur de Berlin aujourd’hui, mais elles ne sont qu’un désagrément. Nous savons qu’elles finiront par tomber. Et nous allons nous appliquer des deux côtés, à les faire tomber.

94. Pour les partis traditionnels, les conversations en réseau peuvent sembler confuses, perturbantes et désarçonnantes. Mais nous nous organisons plus vite que vous ne le faites. Nous avons de meilleurs outils, d’avantages d’idées neuves, et aucun règlement pour nous ralentir.

95. Nous nous éveillons et nous connectons les uns aux autres. Nous observons. Mais nous n’attendons pas.

Billet initialement publié sur Blogging the news

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http://owni.fr/2010/03/19/le-cluetrain-manifesto-applique-a-la-politique/feed/ 2
De Muckrack à Tweest http://owni.fr/2010/01/13/tweest-by-le-post/ http://owni.fr/2010/01/13/tweest-by-le-post/#comments Wed, 13 Jan 2010 18:38:15 +0000 [Enikao] http://owni.fr/?p=6948 Titre original :
Tweest by Le Post = Livewire + Muckrack, des rivières de flux Twitter sélectionnés

Le Post et la Netscouade présenteront ce soir à la Cantine un outil pour suivre les personnalités politiques françaises sur Twitter en un lieu unique et effectuer des tris par parti : Tweest.

Autour de blogueurs (engagés en politique ou non) et journalistes, Nathalie Kosciusko-Morizet, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Sandrine Bélier, Alain Lambert, et Dominique Paillé, qui gazouillent à différents degrés, pourront découvrir la bête. Analyse écologique, que je complèterai avec les éléments qui seront donnés ce soir.

Côté pedigree, Tweest est à la croisée de deux outils qui existaient déjà ailleurs :

  • Muckrack, qui fut avant l’apparition des listes sur Twitter un des premiers sites organisant des flux de certaines personnes précises par catégorie dans une unique interface. Le tout premier concernait les journalistes, que l’on peut par exemple trier de différentes manières : par rédaction, ou par rubriques (monde, politique, économie…), ou ne faire ressortir que les gazouillis contenant une image, ou contenant un lien… Sawhorse Media, qui édite Muckrack, a transposé le concept à d’autres catégories comme les célébrités, les nouvelles technologies, la beauté, l’humour, le sport, la science… Avec l’apparition des listes est naturellement né Listorious. L’écosystème est au complet avec les Shorty Awards, où l’Académie du temps réel vient récompenser les meilleurs fournisseurs de contenus en 140 caractères dans différentes catégories.
  • Livewire, développé par Tweetminster et The Independent pour suivre l’actualité des parlementaires, membres du Gouvernement, personnalités et commentateurs politiques britanniques utilisant Twitter.

Dans le cas de Tweest, la dynamique est un peu différente des deux systèmes. D’abord l’outil est développé pour la rédaction d’un média, qui s’est montrée active sur Twitter et qui compte ainsi compléter son offre d’information à partir de / à propos de Twitter. On a ainsi naturellement l’intégration des courtes vidéos Twitt’heure dans la colonne de droite.

Côté fonctions vitales, comme pour ses lointains cousins d’outre-Manche ou d’outre-Atlantique, on peut en quelques clics depuis l’interface en ligne suivre un compte, ajouter un gazouillis en favori ou le retweeter si l’on s’est connecté à Twitter. On peut aussi choisir de suivre toute une rédaction ou tout un mouvement politique. Un très bon point : les visiteurs sont appelés à contribuer à enrichir la base en proposant des comptes, qui seront sans doute vérifiés avant d’être intégrés. La dynamique des chiffres est également utilisée : personnalités les plus suivies, messages les plus populaires (ajoutés en favoris), liens les plus partagés. Pour l’instant le volume n’est pas encore très significatif pour ces deux dernières catégories mais cela devrait progresser avec l’arrivée de nouveaux utilisateurs. Enfin, un système de filtres à cocher permet de limiter l’affichage pour ne conserver que ceux d’un ou plusieurs mouvements politiques, d’une ou plusieurs rédactions.

A qui et à quoi cela va-t-il servir ? Pour les politiques, certainement pas à débattre car la volière n’est pas un bon lieu pour ce type d’exercices comme l’Express en a fait l’expérience, et de toute façon les personnalités politiques s’interpellent et se parlent peu sur Twitter. De manière générale, elles suivent d’ailleurs rarement des personnalités politiques de partis adverses.

En revanche, il est certain que pour l’internaute qui n’est pas très familier de Twitter, ou qui n’a pas pris le temps de constituer une liste “politique”, ou qui cherche à compléter ses listes, c’est un moyen pratique de trouver le flux de messages en un endroit unique. Et les 85 comptes politiques identifiés sont annoncés comme vérifiés, même s’ils ne sont pas des comptes certifiés par Twitter, ce qui permet de savoir qui suivre sans risque de se faire abuser par un faux compte (fake), qu’il soit drôle et facilement identifiable comme parodique, ou qu’il fasse l’objet d’une campagne avec des gazouillis crédibles dans un premier temps le temps d’obtenir des followers, puis de changer radicalement de discours comme par exemple le compte de Patrick Balkany.

La campagne des élections régionales 2010 va peut-être prendre un autre ton si davantage d’utilisateurs de Twitter, ou des personnes qui s’y mettent exprès pour cela, viennent interpeller directement les candidats. Répondront-ils aux questions (Nathalie Kosciusko-Morizet fait actuellement la sourde oreille aux questions la pressant de prendre position sur la LOPPSI, malgré une pétition en ligne) ? Seront-ils victimes de tweet clashes, vont-ils s’interpeller davantage publiquement (cas Anne Hidalgo / Valérie Pécresse) ? Vont-ils relayer, au-delà des classiques communiqués et agendas de leurs campagnes, d’autres actions ? Vont-ils retenir certaines propositions venue par la machine à gazouillis ? A suivre.

Pour les autres utilisateurs de Twitter, avancés ou débutants, journalistes ou non, Tweest me semble être un bon portail qui permet de centraliser les actualités de la volière, de découvrir des comptes, de se familiariser avec le flux. Twitter est un lieu où l’on peut resté immergé dans le flux, ou bien où l’on vient picorer de temps en temps, selon son envie et son besoin.

Ce qu’il manquerait pour faire mieux ? Peut-être des informations sur le moyen de publication, qui figurent dans l’interface web de Twitter : from Tweetdeck, from web, from Echofon… Car c’est aussi une information. Une personne qui utilise Echofon est sans doute en mobilité et ne répond pas nécessairement si elle éteint son application après avoir publié un message, par exemple. Et surtout, si la personne publie depuis Echofon mais utilise publiquement un Blackberry, il y a un lézard et cela signifie qu’à moins de disposer de deux mobiles, elle ne publie pas ses messages en personne (Echofon est uniquement disponible sur iPhone). Le système de recensement des liens les plus partagés est intéressant, il faudrait peut-être aussi le doubler d’une galerie de d’images diffusées sur Twitter, par exemple avec Twitpic ou YFrog. Il serait bien utile de pouvoir effectuer des filtres sur les journalistes non pas en fonction de la rédaction dans laquelle ils travaillent, mais des rubriques : économie, société, politique…

Ce qui manque vraiment ? On peut regretter l’absence de nombreux journalistes radio et télé, des journalistes de la presse spécialisée et en particulier dans l’informatique (01 Informatique : Pierre Tran, Anicet Mbida, Numérama : Guillaume Champeau pour n’en prendre que trois très actifs) à l’heure où l’on parle d’Hadopi et de la LOPPSI, de la presse entreprise, et surtout… régionale ! Surtout s’il s’agit de suivre les élections régionales elles aussi. Je n’en ai pas recensé beaucoup dans la PQR où les profils sont moins “personnels” et où l’on a plutôt des profils de titre, mais on trouvera des pistes chez PQR Mon Amour et bien sûr chez Sébastien Bailly de Paris Normandie. Grâce aux suggestions des visiteurs, ces oublis seront sans doute vite comblés.

Quelles seront les prochaines catégories ? S’il s’agit de faire un véritable observatoire des débats politiques de la volière comme l’annoncent Le Post et La Netscouade, une catégorie analystes / commentateurs / militants pourrait avoir du sens. Bien entendu, il est possible de suivre les traces de Sawhorse Media et d’embrayer sur d’autres catégories : technologie, ressources humaines, mode…

Je live-twitterai la présentation de ce soir, bien entendu, avec le hashtag #Tweest, et viendrait éventuellement corriger ou compléter ce billet par la suite. C’est aussi ça, la dynamique web : le processus permanent et la capacité à mettre à jour au fil de l’eau.

Pour aller plus loin, quelques billets qui semblent dater mais qui sont utiles pour comprendre la démarche et observer le chemin parcouru dans l’appropriation de Twitter et de ses usages par les politiques, et quelques liens utiles :

  • le site Politwitt qui propose déjà un flux de gazouillis de personnalités politiques françaises
  • les classements de personnalités politiques sur Twitter par Spintank, surtout pour la partie analyse et décryptage de ce qui s’est passé ;
  • les bons conseils de palpitt aux politiques pour gazouiller sans fausses notes ;
  • un recensement de journalistes sur Twitter réalisé par Marie-Catherine Beuth, en deux parties ;
  • un annuaire de journalistes créé par Nicolas Gosset ;
  • une liste de journalistes (ou de personnes qui réfléchissent au journalisme) que j’ai constitué progressivement, et qui est sans doute plus complète que ma liste politique.

» Article initialement sur enikao.wordpress.com

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http://owni.fr/2010/01/13/tweest-by-le-post/feed/ 6
A quoi me sert Twitter http://owni.fr/2010/01/12/a-quoi-me-sert-twitter/ http://owni.fr/2010/01/12/a-quoi-me-sert-twitter/#comments Tue, 12 Jan 2010 10:24:57 +0000 Samuel (Authueil) http://owni.fr/?p=6929

Cela fait un certain temps que je suis sur Twitter. Comme beaucoup (la plupart même), je me suis longtemps demandé à quoi pouvait bien servir cet outil. J’ai mis beaucoup de temps à trouver la réponse, car quand on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne risque pas de le trouver.

La première chose qu’il faut se demander, c’est “quel besoin”. Twitter est un outil qui peut répondre à certains besoins, pas à tous. Si on lui demande ce qu’il ne peut pas donner, on sera forcement déçu. On le sera aussi si on ne fait pas ce qu’il faut pour bien utiliser l’outil, qui peut se révéler plus ou moins chronophage et surtout addictif.

Twitter me sert à plusieurs choses.

D’abord à bavarder. Twitter, c’est du chat, et c’est cet usage qui est très addictif, car il faut suivre en permanence. Difficile de répondre à la volée à un twitt posté 24 heures plus tôt. Il faut être dans l’immédiateté. La barrière des 140 caractères n’est pas un problème, bien au contraire, ça oblige à suggérer (par un hashtag par exemple), à mettre du lien, de l’image. Plus besoin de faire une chaine de mail pour envoyer les images amusantes et autres trouvailles. On poste le lien, qui tourne sous forme de Retwitt. Ca permet de suivre un peu l’ambiance dans différentes communautés (les journalistes web, les blogueurs politiques…)

Twitter, c’est aussi de la veille. Là c’est plus sérieux, car pour moi, c’est l’utilité première de Twitter. J’y participe en tant que “récepteur” d’information mais aussi comme “émetteur”. Je me suis abonné à certains fils qui me paraissent pertinents, et je m’aperçoit qu’avec finalement assez peu de veilleurs, on arrive à avoir quasiment toute l’information pertinente. Mes centres d’intérêts tournent bien évidemment autour de la politique, du droit, de la communication (où j’inclus toutes les problématiques liées à la presse et au journalisme). Parmi les comptes que je suis (désolé pour ceux qui n’y sont pas, mais il faut faire des choix), il y a Astrid Girardeau, enikao, Calimaq, Ls01, François Guillot, Narvic.

Twitter n’est vraiment utile qu’a partir du moment où on a un certain nombre d’abonnements dans la “communauté” pertinente. Attention à ne pas en avoir trop non plus, car on est vite noyé dans le flot, surtout aux heures de pointe. Cela demande aussi d’y aller quotidiennement, sinon, on perd vite le fil. Le flux sur twitter est très rapide et remonter trop loin en arrière peut s’avérer fastidieux, sauf si on a des listes bien conçues. Et là, c’est un autre problème, car si seulement tout le monde se contentait de n’être que la petite étiquette qu’on lui a collé sur la tête.

L’outil est intéressant, complémentaire du blog. Il le restera tant que les communautés qui m’intéressent y sont. Le jour où ça migre vers une autre plate-forme, il faudra suivre. Finalement, ce qui compte, ce n’est pas l’outil mais les gens qui sont derrière. Je pense qu’on a un peu trop tendance à l’oublier.

» Article initialement publié sur Authueil > les commentaires valent le détour /-)

» Illustration par Matt Hamm sur Flickr

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http://owni.fr/2010/01/12/a-quoi-me-sert-twitter/feed/ 0
Sergey Brin parle de Google [en/18'] http://owni.fr/2009/10/30/sergey-brin-parle-de-google-twitter-android-chrome-bing/ http://owni.fr/2009/10/30/sergey-brin-parle-de-google-twitter-android-chrome-bing/#comments Fri, 30 Oct 2009 11:20:43 +0000 Media Hacker http://owni.fr/?p=5026 Cliquer ici pour voir la vidéo.

Sergey Brin, cofondateur de Google, est intervenu le 22 octobre au cours de la Conférence Web 2.0 de San Francisco.
Il évoque Twitter (avec au passage des félicitations adressées à Evan Williams), Bing, Android, Chrome pour mac, entre autres …

La remarque sur la publicité sur Google est assez intéressante : Brin estime en effet que le succès de Google est principalement lié au fait d’avoir pu voir de la valeur là où personne ne regardait. Il en déduit qu’il est impossible de prédire la modalité principale de création de valeur sur le web dans les années à venir…

> Retrouvez le résumé de la conférence par Techcrunch

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Social Media Revolution http://owni.fr/2009/08/14/social-media-revolution/ http://owni.fr/2009/08/14/social-media-revolution/#comments Fri, 14 Aug 2009 08:12:47 +0000 Aurélien Fache http://owni.fr/?p=2311 Cliquer ici pour voir la vidéo.

Etes-vous prêt ?

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