OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Mega enjeu http://owni.fr/2012/10/22/mega-enjeu/ http://owni.fr/2012/10/22/mega-enjeu/#comments Mon, 22 Oct 2012 05:42:14 +0000 Guillaume Dasquié http://owni.fr/?p=123439

Sûr de ses talents de communicant, Kim Schmitz (alias Dotcom) faisait mine vendredi dernier de confier à Wired le nom de son nouveau site de partage de fichiers.

Sans dévoiler l’adresse du nom de domaine, il laissait supposer qu’il s’intitulerait “Mega”. En lieu et place de MegaUpload, fermé à la suite d’une retentissante opération judiciaire menée par le FBI sur plainte de plusieurs majors américaines.

Mais les responsables qui travaillent sur le projet, et avec lesquels nous nous sommes entretenus, se montrent plus nuancés. Tel Emmanuel Gadaix, l’un des cerveaux de la nouvelle (et de l’ancienne) infrastructure, précisant que “Mega” se retrouvera bien dans la nouvelle marque mais attaché à d’autres mots.

Il nous assure que l’offre existera avant “la fin de l’année”, avec des ambitions considérables pour le marché de la musique et du cinéma en ligne :

Nous mettons en place des nouvelles mesures de sécurité. En particulier, un “client-side cryptosystem” qui chiffrera, de manière transparente pour l’utilisateur, toutes les données transmises sur le cloud. Lors du lancement, d’ici la fin de l’année 2012, nous dévoilerons nos API qui permettront aux développeurs de créer une multitude d’applications innovantes, qui utiliseront la puissance et la sécurité de cloud Mega [...] Nous allons respecter les règles du DMCA qui protègent les hébergeurs contre les actions de leurs utilisateurs.

Dans le secret de MegaUpload

Dans le secret de MegaUpload

Comptes offshore, sociétés à Hong Kong ou à Auckland, porte-parole mystère et pactole considérable dans des paradis ...

Services secrets

Si la trajectoire de Kim Dotcom dresse le portrait d’un bonimenteur 2.0 pas toujours de très bon goût, comme le montre une enquête fouillée du site Ars Technica, celle d’Emmanuel Gadaix, plus discrète, présente le profil d’un visionnaire de la sécurité des réseaux.

Entre 1993 et 1998, ses talents l’amenèrent à être régulièrement sollicité par la DST (les services secrets de sécurité intérieure français, devenus la DCRI) pour organiser diverses opérations et en particulier des tests d’intrusion.

Une tranche de vie qui se trouve résumée dans une décision de relaxe prise par la 13ème Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris, le 2 novembre 2000, pour une visite à l’intérieur d’un serveur du groupe pétrolier Exxon, réalisée à la demande des services français. Et donc pardonnée. Il était alors âgé de 33 ans.

Depuis, établi entre la Thaïlande et Hong Kong, Emmanuel Gadaix participe comme consultant à d’importants chantiers en sécurité des systèmes, loin des institutions. En marge de ses projets avec Kim Schmitz, il collabore à des travaux de recherche avec la société française P1 Security, dirigée par Philippe Langlois, l’un des papes en sécurité des systèmes d’information – le 8 octobre dernier, ce dernier présentait quelques résultats pointus en compagnie de Gadaix, lors de la dernière Hack in the box Conference de Kuala Lumpur.

Abusive

Grâce à Gadaix, sur le nouveau Mega, les administrateurs du site ne pourront pas déchiffrer les données et les opérations des personnes qui utilisent leurs services – contrairement aux responsables de Google ou de Dropbox. Avec un gros objectif à court terme : concurrencer iTunes, ni plus ni moins, grâce à une base juridique et technique sans équivalent.

Les serveurs seront dans de multiples juridictions y compris en Europe. Comme toutes les données stockées sur le serveur ne pourront être décryptées, nous pourrions même en héberger aux Etats-Unis. Nous ne le ferons pas, à titre de sanction économique tout d’abord, mais aussi par respect pour nos millions d’utilisateurs dont les données sont toujours otages du gouvernement américain.

Internet après la fin de Megaupload

Internet après la fin de Megaupload

La coupure de Megaupload a provoqué un torrent de réactions. Le problème n'est pas la disparition du site en lui-même. Il ...

Car l’homme, ainsi qu’une partie de l’entourage de Kim Schmitz, considère que l’opération judiciaire du FBI de l’hiver dernier a servi de manière abusive les majors de la musique et du cinéma. Intervenue le 19 janvier, elle précédait de deux jours le lancement de Megabox, prévu le 21 janvier.

À ce moment-là, dans un entretien accordé par Emmanuel Gadaix au site CitizenKane.fr, Megabox était présenté comme un futur iTunes sans intermédiaire, permettant aux artistes d’être directement rémunérés par leur public.

Coïncidences

Le 26 septembre dernier, Kim Schmitz s’en amusait sur sa chaîne YouTube, en diffusant une bande-annonce de Megabox qui semble avoir été produite pour le lancement initialement prévu le 21 janvier, avant d’être annulé.

Gadaix sourit. Dit qu’il ne croit pas aux coïncidences. Peu de temps avant l’arrestation de ses partenaires, il s’était rendu le 11 janvier à une invitation du Sénat français pour discuter droits d’auteur et libertés numériques – les internautes français, à eux seuls, apportaient 12% du chiffre d’affaires global de MegaUpload.

À cette occasion, il avait – nous assure-t-il – pris des premiers contacts avec les responsables d’Hadopi, en coulisses, pour préparer des négociations futures, envisagées début février. Du côté de l’Hadopi, a priori personne ne semble s’en souvenir.

Selon Emmanuel Gadaix, “pour Mega, l’objet de la discussion était de trouver des moyens de travailler ensemble pour réduire la piraterie sur le Net et pour étudier des méthodes de rémunération des auteurs grâce aux nouveaux services de Mega”, avec notamment la possibilité de domicilier en France une partie des revenus dans l’attente de définir la meilleure clé de répartition.

Pas sûr que la renaissance de MegaUpload ne ressuscite les mêmes intentions.


Illustration et couverture par Cédric Audinot pour Owni /-)

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Vendredi c’est Graphism ! http://owni.fr/2012/07/13/vendredi-cest-graphism-typographie-affiche-science/ http://owni.fr/2012/07/13/vendredi-cest-graphism-typographie-affiche-science/#comments Fri, 13 Jul 2012 09:11:06 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=116149

Allez, on commence la semaine avec un peu de poésie qui va sûrement adoucir les moeurs ! Pour beaucoup, la poésie est un peu démodée alors que c’est une immense part de la culture, notamment de la culture orale.  Mais pour l’ensemble de nos satellites, du progrès ou des prouesses de la biotechnologie, c’est une chose qui n’a que peu d’importance. Heureusement, le Conseil des arts anglais et la BBC ont publié un nouveau projet appelé 60 ans en 60 poèmes. Conçu par « Faber & Faber » et « Somethin ‘Else », cette plate-forme multimédia en  HTML5 saura, je l’espère, vous faire apprécier le dernier demi-siècle en matière de poésie.

Ici, la poésie est présentée sous forme d’un texte en ligne, de photos, de visualisation graphique du son, et de lecture. Beau et riche en données, on appréciera également la forme d’onde circulaire avec ce bouton de lecture en son centre. Vous allez ainsi pouvoir explorer année par année, ou thématique par thématique, l’ensemble sera beaucoup plus moderne que les textes présentés mais le tout est fait avec goût.

poesie La visualisation de la poésie en HTML5 ! :)

source

On continue avec cette animation étonnante réalisée par Joshua Catalano, un talentueux motion designer de Nantes ! Voici donc son illustration animée et musicale d’un lamento. Un lamento est un morceau de musique à caractère plaintif. De même, on parle de lamento tragique pour un texte littéraire mêlant les registres tragique et pathétique. Joshua retranscrit ainsi ces émotions planantes..

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Merci Jérémy

Et voici sous vos yeux ébahis… le kit de survie du designer !

Le symbolisme des couleurs , celui des formes, le design d’une carte de visite et même les idées qu’il faut avoir, tout a été mis dan ce «Kit de Survie du designer » ! Cet élégant kit dans sa boîte en bois a été conçu par une équipe de designer à l’école Massey de l’Université d’Auckland. Réalisé par Josephine Ross, étudiante en design et son professeur Eric Thompson, le kit a notamment été créé pour les designers néo-zélandais qui souhaitent voyager en Asie afin de les familiariser avec certaines coutumes.

survival Le kit de survie du designer !

source

En français, il y 28% des lettres utilisées à l’écrit qui ne se prononcent pas. Mais comment représenter ces lettres muettes? Quelle forme prennent-elles quand vous les sortez du silence ? Peut-on utiliser le code informatique comme un outil pour répondre à ces questions? “Silenc” essaye de donner un sens à ces lettres muettes et d’offrir une visualisation de ces lettres muettes en danois, anglais et français.

Ce projet, réalisé par les étudiants Momo Miyazaki, Manas Karambelkar et Kenneth Aleksander Robertsen est assez simple mais efficace. Ces étudiants ont imprimé des textes dont les lettres “silencieuses” apparaissent en rouge et, lorsque vous regardez ce texte avec un film rouge, les lettres disparaissent. C’est sur les oeuvres de Hans Christian Andersen que le travail a été réalisé lors d’un cours de design d’interaction à l’Institut de design d’interaction à Copenhague.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Ceci aura été l’excellente nouvelle de la semaine, il s’agit de “Pop Labs graphique” qui au travers d’un voyage éducatif, nous enseigne tout ce que nous avons besoin de savoir sur la typographie ! L’ensemble est présenté sur une affiche très élégante et qui met en avant ​​la structure alphabétique dans toute sa splendeur. Cette amorce alphabétique sur les merveilles de la typographie nous ouvrira les yeux sur les empattements, les crochets, les signes diacritiques, les ligatures, et plus encore.

À noter que chaque tirage est numéroté et signé par les artistes. Précieux !

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On termine avec une petite vidéo pleine de couleurs et de mouvements ! Vous connaissez peut-être ma passion pour la science et pour les sciences en général. Oui, il m’arrive de sourire quand je tombe sur un cycle de krebs ou des équations. L’imaginaire de la science me plait beaucoup également et c’est ce qui m’a touché dans le travail Tony Zagoraios pour le documentaire sur « l’Academic and Scientific Excellence ». Cette séquence d’ouverture très agréable à regarder, tout est fluide s’enchaîne bien et rempli de détails généreux à observer.

À noter que Tony Zagoraios est un motion designer de Grèce et il travaille en freelance à Athènes. Ses projets ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals à travers le monde. Pour ce projet là, Tony Zagoraios a travaillé avec l’illustrateur Stavros Kypraios, le réalisateur Apostolos Nikolaidis et Ted Reglis ainsi que Renos Papastavros pour le design sonore ! Un travail d’équipe qui contentera nos yeux.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

source

Par avance… désolé ! Voici LA vidéo WTF de la semaine avec un chat, un univers tout rose et une modélisation 3D à faire pâlir les graphistes ;-) Le travail est signé par caviar.ws, Takumi Shiga et Toru Sasaki pour la musique. C’est félin, c’est chic, mais c’est surtout terriblement WTF !

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Et oui, c’est terminé pour cette semaine, mais je vous invite, pour cet été, à vous rendre à Lyon pour découvrir Géographie parallèle par Marc Jurt et Michel Butor ! À Paris, chez Colette, vous pourrez aussi voir le travail de dessin de Clo’e Floirat, une artiste française qui se veut à la fois architecte, dessinatrice et critique d’art, ou encore si vous passez en Suisse, à Genève, rendez-vous absolument à la HEAD, la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève pour voir cette expositions de jeux conçus par des jeunes développeurs suisses et des étudiants de master Media Design.

Allez, bonne route graphique et bon week-end !

Geoffrey

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Festivals en poche http://owni.fr/2012/07/11/festivals-en-poche/ http://owni.fr/2012/07/11/festivals-en-poche/#comments Wed, 11 Jul 2012 08:39:01 +0000 Maxime Vatteble http://owni.fr/?p=115250

En 2012, le marché numérique de la musique est en pleine forme alors que les ventes physiques ne cessent de chuter. L’économie des festivals est elle encore florissante. Greencopper, entreprise basée à Montréal, qui propose depuis 2009 de développer, en natif, des applications Smartphone pour assurer la promotion des grands rassemblements musicaux en Europe, aux États-Unis et au Canada, avait eu le nez creux : elle a progressivement gagné la confiance du milieu et des sponsors et son catalogue compte aujourd’hui plus de 50 applications regroupant les principaux festivals de musiques actuelles de France. Un succès rapide au sein d’un marché en développement.

Miser sur l’expertise

Greencopper est constituée d’une petite équipe de 14 personnes, travaillant entre Montréal et Rennes. L’entreprise a acquis en trois ans d’existence un savoir-faire unique, reconnu par les organisateurs de festivals : en France, leur concurrence se limite désormais à quelques agences freelance, aux États-Unis, l’entreprise rivalise avec Xomo, qui développe, entre autres, l’application du festival geek et musique SXSW. Une réussite liée à l’adaptation : des concerts urbains aux énormes scènes de plein air, l’application proposée doit répondre à des attentes précises correspondant au lieu et au public. La stratégie principale de l’entreprise, présentée par Cécile Martin, directrice marketing, repose toutefois sur une logique de centralisation :

Nous mutualisons les besoins des professionnels. Nous vendons d’abord une licence de base à 3000 euros, comprenant le développement en natif et la maintenance, puis nous proposons une grille de tarifs pour l’ajout de services. Ces coûts peuvent être pris en charge par des partenaires privés. Les années suivantes, nous ne facturons que le coût de développement de nouvelles fonctionnalités ajoutées par les organisateurs, comme le push par exemple. Le but du jeu est de simplifier au maximum les démarches pour les responsables communication et de supporter toutes les contraintes techniques.

L’autre atout de Greencopper est sa connaissance du terrain. D’abord festivaliers avant de devenir prestataires de services, les différents membre de l’équipe assistent aux événements, cherchent de nouvelles idées à partir de leurs propres expériences et rencontrent directement leurs clients. Un lien de proximité très apprécié des organisateurs selon Lénaïc Jaguin, responsable communication du festival Rennais Les Tombées de la Nuit :

Greencopper anticipe en partie nos besoins et travaille directement avec les organisateurs et ses partenaires. L’entreprise prend totalement en charge un des moyens de promotion les plus importants aujourd’hui en matière de visibilité et d’interactivité, ce qui nous permet de réaliser des économies d’échelle. Chaque année nous pouvons également discuter de nouvelles fonctionnalités proposées par Greencopper qui apportent toujours une plus-value.

Après s’être imposée dans un marché émergent, Greencopper s’attache maintenant à fidéliser les utilisateurs en proposant des contenus impliquant davantage les publics. Un objectif qu’elle partage avec les organisateurs.

Page d'accueil des applications Rock En Seine de 2010 à 2012 (Capture d'écran)

Le prolongement communautaire

Le taux d’équipement en Smartphone en France est sur une courbe ascendante. Les applications mobiles, déjà largement utilisées par les festivaliers pour le partage de photos et de vidéo, semblent aussi être un outil prompt à la constitution d’une communauté. Lier la navigation du public aux réseaux sociaux est par exemple une des possibilités déjà expérimentées par les festivals. Dans son application 2011, téléchargée environ 40 000 fois, Rock en Seine proposait aux spectateurs de joindre leur compte Facebook au service de géolocalisation. Fleur Richard, responsable de la communication du festival, est prête à continuer dans cette direction :

Nous aimerions également aller plus loin avec l’application. Nous avons pensé à lier les tweets des festivaliers qui utilisent l’application avec un compte officiel et diffuser cette timeline sur les écrans géants. Nous n’avons pas encore l’effectif nécessaire pour gérer et modérer ce compte pour l’instant, mais c’est une idée que nous aimerions développer, à terme.

La seconde option pour animer la communauté de festivaliers est la gamification, actuellement étudiée chez l’un des principaux partenaires de Greencopper, SFR. Sander Cisinski, directeur du sponsoring, des partenariats et du programme jeunes talents de SFR, explique :

Nous aimerions développer l’aspect ludique de ces applications en proposant des rencontres ponctuelles avec les artistes sur les sites de festival ou bien des chasses au trésor. Il s’agirait d’enrichir le volet géolocalisation, de faire participer le public, de lui donner un autre rôle pendant les concerts.

La piste privilégiée par la FNAC, autre partenaire de l’éditeur d’application, est de proposer un service de billetterie complet, au-delà de la musique live et du volet communautaire des festivals, afin d’exploiter le potentiel du M-commerce, au cas où la fréquentation s’essouffle.

Les avantages retirés de ces API par les professionnels en termes de visibilité et de communication semblent évidents mais la réception de l’offre est plus difficile à apprécier. Si l’on isole les festivaliers utilisateurs d’iOS, représentant tout de même 55 à 60 % de l’activité de Greencopper, les étoiles et commentaires de l’AppStore ne peuvent donner qu’une idée partielle du taux de satisfaction des publics. Greencopper a constaté que le taux de mise à jour moyen est d’environ 40% : les applications restent souvent sur le téléphone des usagers, en attendant le festival suivant.


Photo par thqspeaks [CC-byncsa]

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Les rockuptibles du Bangladesh http://owni.fr/2012/07/09/les-rockuptibles-du-bangladesh/ http://owni.fr/2012/07/09/les-rockuptibles-du-bangladesh/#comments Mon, 09 Jul 2012 09:09:34 +0000 Maxime Vatteble http://owni.fr/?p=115549

Concert de The Ruby Cube à l'International (c) TomoWat via Adèle Bauville

Une petite histoire révélant les limites d’un système. Le 30 juin 2012,  Killtronik, jeune groupe parisien, a été désigné vainqueur du dernier concours InrocksLab de la saison dans la catégorie choix du public. Ce public était exclusivement composé d’internautes qui ont voté en ligne pour leur groupe favori. Ruby Cube, dauphin du concours avec 500 voix de retard, a émis des réserves à propos de la validité des votes et a demandé des explications au magazine. Adèle Bauville, manager du groupe, revient sur sa démarche :

Nous avons constaté une explosion du nombre de likes sur la page Facebook de Killtronic sur la durée du concours. Le nombre de fans est passé de 5000 à 10 000 en quelques semaines. On peut voir sur cette page publique que la majorité de ces likes proviennent de Dacca, au Bangladesh. Or, de nombreux votes ont été enregistrés entre minuit et 6h du matin.  Nous avons alors choisi de contacter la rédaction des Inrocks pour leur faire part de nos doutes.

Évolution du nombre de fans de Killtronik entre juin et juillet (capture d'écran facebook)

Le jury du concours se concerte et l’équipe décide de valider la victoire de Killtronic, en appliquant strictement le règlement. Contactée par mail, Abigail Ainouz, community manager des Inrocks, précise :

Nous sommes conscients des achats de fans Facebook de Killtronik mais nous n’avons actuellement pas de preuves quant au fait que les likes de vote de ce groupe sur notre plateforme (correspondant à un url tout à fait différent par rapport a leur page fan) soient également achetés et donc constituent une fraude. Nous ne pouvons pas disqualifier un groupe sans preuve suffisante.

La com’ de Danone et Nestlé envahit Facebook

La com’ de Danone et Nestlé envahit Facebook

Pour les géants de l'agroalimentaire, Facebook est le média idéal. Ils y créent des vrais faux comptes d'admirateurs de ...


Naturellement, l’achat de likes Facebook ou de followers sur Twitter n’est pas un crime. Certaines entreprises, à l’instar de la Française Boostic, en ont même fait leur spécialité et proposent à n’importe quelle structure d’améliorer son influence virtuelle. Aux États-Unis, Freelancer peut offrir ce service en achetant des fans depuis l’Inde, le Bangladesh, ou le Pakistan. Le manque de transparence de ces sociétés soulève toutefois de légitimes interrogations sur les méthodes utilisées.
Si rien n’interdit aux Bangladeshis de devenir les groupies d’un artiste français émergent, l’intérêt de constituer une communauté de fans à des milliers de kilomètres pour le groupe ne semble pas relever de l’évidence.
Alfio Rizzo, manager de Killtronic, évoque une autre pratique pour assurer la promotion des indépendants sur le web :

Nous cherchons avant tout à créer un trafic et augmenter au maximum notre visibilité. Notre stratégie repose sur un mailing intensif, basé sur le réseau international de notre producteur. C’est une technique très utilisée par les majors.

Un argument peu convaincant. L’enjeu serait alors d’affirmer une transparence. L’organisation des tremplins pourrait être biaisée par l’ampleur du phénomène et remettre en cause non seulement les règles du jeu mais surtout la crédibilité des organisateurs. Cette éventualité a été prise en compte par le jury, comme le confirme Abigail Ainouz :

C’est la dernière sélection de la saison, nous allons devoir modifier des outils techniques pour la rentrée pour tracker ces liens Facebook, et pouvoir ainsi connaitre l’origine et la fréquence de leur utilisation.

Des mesures déjà appliquées officieusement : une semaine après la parution des résultats, Killtronik a décidé d’annuler sa participation et a été disqualifié, lundi 9 juillet au matin. Le jury des Inrocks a alors attribué la victoire à Ruby Cube, qui aura le droit de se produire sur la scène de la Flèche d’Or, mercredi 11 juillet.

Et si toi aussi tu habites au Bangladesh et que tu apprécies cet article, n’hésite pas à liker.


Photo de The Ruby Cube à l’International de Tomo Wat (c), avec l’aimable autorisation d’Adèle Bauville

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Vendredi c’est Graphism ! http://owni.fr/2012/06/22/vendredi-cest-graphism-5/ http://owni.fr/2012/06/22/vendredi-cest-graphism-5/#comments Fri, 22 Jun 2012 09:11:00 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=114108

Bonjour :)

Allez, on commence la semaine avec une prouesse, une performance, une folie visuelle ! L’animation que vous allez voir ci-dessous est faite de 3285 peintures en aquarelle qui, une fois animées, retracent le début du célèbre film de Ridley Scott : Blade Runner, sorti au cinéma en 1982. Le son quant à lu est emprunté au film original et je ne doute pas que si vous avez vu et aimé ce film de Ridley Scott, vous retrouverez l’univers. Cette prouesse graphique a été réalisée par le vidéaste suédois Anders Ramsell qui nous informe que cette vidéo de 13 minutes est en réalité, uniquement un teaser…

Un résultat hypnotique, et un peu déroutant qui renvoie très bien au monde dystopique de Blade Runner.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Merci Mathieu

On continue avec de belles affiches car, le 12 Juin 1972, l’agence de design Pentagram a été fondée à Londres par les designers Alan Fletcher, Colin Forbes, Theo Crosby, Kenneth Grange et Mervyn Kurlansky. L’agence a été formée lorsque le prédécesseur de Pentagram, Crosby Fletcher Forbes, a ajouté deux nouveaux partenaires, Grange et Kurlansky, afin d’élargir ce partenariat multidisciplinaire à cinq personnes… D’où le petit nom de Pentagram.

Pour l’anniversaire de l’agence, et sous la direction créative de Harry Pearce, une série d’affiches a été conçue afin de retracer les 40 ans de Pentagram. Chaque partenaire de l’agence a dessiné une affiche pour deux ou trois années différentes et les seules contraintes ont été l’utilisation du noir, blanc et rouge (le rouge Pentagram, bien-sûr). Les thématiques de ces affiches vont de l’hommage à Paula Scher à la panne d’électricité de New York en 1977, à la chute du mur de Berlin en 1989, etc.

source

Je vous parlais de la fête de la musique au début de ma chronique, et bien la musique peut également être visuelle avec ce tout nouveau projet pour travailler le son avec l’interface dont vous avez besoin et pas celle qui vous a été imposée comme sur de nombreuses applications de musique. Avec cet outil-instrument, il vous suffit de dessiner des lignes, des polygones, des cercles des curseurs directement sur l’écran. À partir de là, vous pouvez modifier la taille, la couleur, l’orientation, la profondeur et ensuite créer des effets sonores, des boucles musicales des morceaux de sons. Le tout est ensuite relié à une console MIDI qui permettra aux DJ, aux VJ et autres musiciens avertis de composer avec son propre instrument :)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Merci Sylvain

Dans “Vendredi c’est Graphism!” je vous parle de tous les types de design qui existent… alors pourquoi ne pas vous parler aujourd’hui de design brodé ? En effet, quand il s’agit de typographie aujourd’hui, on me parle souvent de perfection, de rendu, de qualité technique exceptionnelle… Heureusement, il reste des artisans de la lettre et du délié qui ajoutent de l’aléatoire à cette équation quasi linéaire ! Avec ce texte brodé et coloré, le résultat n’est pas parfait, mais il est très agréable à voir et même à toucher. Ainsi, Mark Briar, un étudiant en design, a récemment expérimenté une série de textes brodés sur du papier pour son projet de diplôme. Vous vous en doutez, cela a demandé un temps considérable pour percer le papier et ensuite coudre l’ensemble. À noter que chacune des lettres a pris environ 30 minutes à broder, ce qui équivaut à une durée totale pour ce résultat… d’environ 37,5 heures !

En images :

arge Demain, je me mets à la broderie... pour lamour de la typographie !

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Cette semaine, à Paris, dans le XIIIe arrondissement, a été inaugurée une oeuvre impressionnante signée Shepard Fairey. D’une hauteur de 40 mètres de haut, cet artiste californien vous le connaissez tous… en effet, il est l’auteur du célèbre portrait en rouge et bleu de Barack Obama (pour vous rafraîchir la mémoire). Ce portrait de femme accompagné de motifs floraux et autres symboles est comme un appel à la paix, au calme et à l’élégance.

La progression en vidéo :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

L’interview de Shepard Fairey :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Cette semaine, j’ai découvert une merveilleuse campagne pour les instruments de dessin professionnels de la marque Rotring. Le dessinateur McBess est l’un des quatre illustrateurs qui ont été choisis pour faire ces courts documentaires. Mc Bess, ou de son vrai nom, Matthieu Bessudo, est né à Cannes en 1984 et est devenu illustrateur à Londres en se faisant remarquer notamment pour son travail avec The Mill, une société spécialisée dans la post-production et les effets spéciaux. Le travail de McBess s’oriente vraiment sur l’illustration en noir et blanc et les animations vidéos… :-)

Le petit documentaire :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Le WTF de cette semaine est basé sous le signe du livre ! Certains pensent qu’il est possible d’apprendre la vie grâce à des manuels d’instructions. Mais, il y a encore mieux : apprendre que la vie est parfois complètement folle ou WTF ! Comment traumatiser ses enfants, comment faire du yoga sur vos toilettes, comment soigner la dépression avec ses fesses, comment fabriquer des cercueils pour animaux… bref, dans tous ces livres, je ne sais qui sont les plus fous : les auteurs ou les lecteurs ? ;-)

source

Et voilà, “Vendredi c’est Graphism!”, c’est terminé pour aujourd’hui mais je vous propose malgré tout d’aller faire un tour à Paris pour l’Expoviz (pour les amoureux de la visualisation de données), de vous rendre au Typocamp tout week-end, d’aller jeter un oeil à la BNF sur la rétrospective des illustrations de Wolinski, ou alors de passer un peu de temps pour jouer à la Gaîté LyriqueEt si la curiosité vous pousse jusque là, je vous invite également à suivre ma galerie de un dessin par jour que je publie sur Instagram :)

Excellent week-end à vous et… à la semaine prochaine :)

Geoffrey

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Vendredi c’est Graphism S02E41 http://owni.fr/2011/11/11/vendredi-cest-graphisme-s02e41/ http://owni.fr/2011/11/11/vendredi-cest-graphisme-s02e41/#comments Fri, 11 Nov 2011 10:11:34 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=86464

Hello :)
Nous avons de la chance, c’est une belle semaine graphique qui s’est déroulée, avec notamment des objets remplis d’émotion, de la typographie sur Chevrolet, des citations de Mike Tyson, du luxe pour la crise, des clips de fans, du pixels dans le métro et… un WTF qui va vous mettre la tête dans un congélateur !

Bon vendredi 11/11/11 et… bon graphism !

Geoffrey

Allez hop, on commence notre revue de la semaine avec un projet tout en émotions… et l’émotion, il en faut ! J’ai ainsi été fasciné par ce court documentaire sur le bijoutier, artiste, et orfèvre Gary Schott. Ce personnage crée de petites sculptures cinétiques qui  produisent de minuscules gestes intimes, des gestes touchants. L’attention a été portée sur chaque détail, et chaque objet a été réalisé à partir de croquis. À partir des croquis, des maquettes en bois sont réalisées en balsa, puis Gary Schott décide des matériaux, de la couleur, du tissu, etc. Le tout forme donc à chaque fois un tout petit objet dont le but est de susciter de la douceur, douceur, un sourire et d’exprimer, comme le dit l’auteur, “un acte d’amour”. Superbe donc :-)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

source

On continue sur les chapeaux de roue avec la marque de voitures Chevrolet qui a fêté son 100e anniversaire… et pendant ces 100 ans la société a développé plus d’une centaine de modèles de voitures, camionnettes et camions. Et comme vous vous en doutez, tous ces véhicules ont une chose en commun… ils contiennent tous des indicateurs de vitesse ! L’indicateur, lorsque vous conduisez, vous le regardez des dizaines, des centaines de fois, et vous ne vous rendez pas forcément compte de la façon dont il a été conçu, dont la typographie a été choisie, l’interlettrage, les espaces, le kerning des chiffres, etc. La société Chevrolet a dont employé des designers pour étudier la lisibilité des caractères, la bonne taille des nombres, etc. et…ça se voit !

Bref, on passe de 1941 à 2011, et je vous laisse admirer l’évolution de la typographie, le retour au classique aussi, les années 70… bref, tout y est, et c’est passionnant !

source

Re-publiée récemment, ce clip musical typographique est chantéet mis en image par “Juste Dave”. Cette chanson est dédiée aux citations, on ne peut plus subtiles du boxeur Mike Tyson. Il a donc fait une chanson et une vidéo décallée, drôle et si vous voulez réviser également vos jurons en anglais, ça vaut le coup ;-)

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Inspirés par l’exposition du MoMA : “Safe: Design Takes on Risk“, les étudiants de l’école de design Parsons à New-York, ont abordé une réflexion autour de la façon dont les marques de luxe pourraient répondre intelligemment aux situations d’urgence ou aux événements catastrophiques. Luxe et catastrophe, deux mondes qui sont pourtant en théorie opposés ? Alliant le luxe moderne avec l’utilité, les étudiants ont ainsi réalisés différents projets comme cet ensemble de trois sacs à main qui permettent, entre-autre de servir de masque à gaz ou de détecteur de gaz toxique. Autre exemple avec ces bijoux qui embarquent la technologie RFID pour stocker des données importantes (quelle drôle d’idée!) telles que des informations médicales (groupe sanguin, allergies, etc.) ou encore des documents importants comme un passeport, etc. Enfin, un dernier projet intitulé “Scape” se présente comme un sac à main de luxe mais qui pourra, le moment venu, se transformer en un gilet de sauvetage.

Allez, on continue notre petite revue de la semaine avec des fans talentueux qui réalisent des clips pour Amon Tobin ! Voici donc une petite sélection de clips réalisés pour le projet »Amon Tobin Fan Video Project« . Que ce soit Jim Jam, Joan Guasch, Jeffrey Hellman ou Cldfx, chacun interprète un morceau à sa façon… je vous laisse découvrir ces variations visuelles autour d’un même artiste, d’un même morceau.

Amon Tobin – Calculate par JimJam Graphics

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Piece of Paper par Joan Guasch

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Ever Falling » par Jeffrey Hellman

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Bedtime Stories par cldfx.com

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Nos gares sont souvent des endroits où le temps d’attente vient nourrir l’imagination… C’est sur ce postulat que Lars Arrhenius, un artiste suédois, a réalisé cette installation graphique complètement “rétro” et basée sur les pixels existants de cette gare, autrement dit, son carrelage. Ainsi, si vous vous rendez à la station Thorildsplan Tunnelbana à Stockholm, en Suède, vous allez pouvoir retrouver ce travail pixelisé et inspiré par les jeux vidéos des années 1970 et 1980.

Avec la petite vidéo qui va bien :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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On termine sur un projet de WTF que j’avais repéré il y a un petit bout de temps mais qui prend enfin tournure ! Il s’agit de 241543903. Oui, c’est un nombre, mais pas n’importe lequel, n’est un nombre à taper dans Google image…. vous allez voir, ceci est un projet WTF !

Hop, on arrive au bout de notre Vendredi c’est Graphism ! Mon ordinateur n’a plus de batterie, le wifi ne capte bientôt plus, bref, il est l’heure de vous dire à la semaine prochaine ! En attendant, si vous aimez la lecture & la réflexion autour de cette nouveau tendance au nomadisme, allez jeter un oeil sur le dernier livre de Yasmine Abbas “le neonomadisme“. De même, si vous aviez raté, la nouvelle Une de Charlie Hebdo, en réponse aux attaques de leurs locaux, la voici. Et pour finir, si vous avez du temps, vendredi, samedi et dimanche je vous invite à découvrir l’expérience… Museomix au Musée des Arts Décoratifs de Paris !

Sur ce, bon week-end, soyez sages et… ouvrez grand les yeux !

Geoffrey

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Spotify vendu à Facebook http://owni.fr/2011/11/04/spotify-facebook-sean-parker-zuckerberg/ http://owni.fr/2011/11/04/spotify-facebook-sean-parker-zuckerberg/#comments Fri, 04 Nov 2011 10:41:11 +0000 Guillaume Dasquié et Benoit Le Corre http://owni.fr/?p=85529
Le 22 septembre, Facebook annonçait la mise en place d’un partenariat très étroit avec Spotify, la plateforme d’écoute musicale en streaming. Des fiançailles qui s’expliquent par des opérations financières croisées, pas franchement assumées par les deux sites. Lesquels avancent un peu masqués dans cette affaire.

Vu de l’extérieur, ce rapprochement instaure une forte contrainte pour les milliers d’utilisateurs de Spotify. Impossible désormais de se connecter à sa musique en ligne sans passer par son compte Facebook. Mais à entendre les acteurs de cette opération industrielle, il s’agirait simplement de simplifier la vie de l’utilisateur moyen.

Interrogé par OWNI, Julien Codorniou, responsable des partenariats de Facebook en France et au Bénélux, répète cette communication bien huilée. Selon lui :

Ce n’est pas un partenariat économique.

Nous avons pourtant retrouvé la trace de nombreuses transactions passées entre Spotify et l’un des principaux promoteurs de Facebook, Sean Parker. Soutien historique du fondateur Mark Zuckerberg, Sean Parker a été président de Facebook de 2004 à 2005. Et Parker détient encore 4 % des parts de Facebook tout en travaillant depuis juin 2011 au poste de directeur de Spotify – comme le signale sa page Facebook.

Une caisse enregistreuse au Luxembourg

Cependant, sa relation financière avec le fondateur de Spotify, le suédois Daniel Ek, se révèle bien plus ancienne. L’histoire débute véritablement le 23 novembre 2007, lorsque Daniel Ek, âgé de 24 ans, fonde à Londres Spotify Limited – devenu aujourd’hui le quartier général de l’entreprise, depuis des bureaux situés au 13 Kensington Square (comme le confirme une recherche sur l’adresse IP de ses serveurs).

Quelques mois plus tôt, ce futur siège social s’est vu doter d’un centre névralgique financier, baptisé Spotify Technology S.A, et installé dans un paradis fiscal européen, au Luxembourg. Cette caisse enregistreuse est de nos jours directement gérée depuis le siège de Londres, comme le montrent les registres britanniques.

Sean Parker, ancien fondateur de Napster aujourd'hui directeur de Spotify

Les bases de données du Grand-duché racontent l’histoire, plutôt exotique, de l’apparition de cette structure. Car Spotify Technology est créée le 27 décembre 2006 sous la houlette d’un financier local, Olivier Kuchly, pour des bénéficiaires qui s’abritent derrière des sociétés fiduciaires implantées à Chypre.

Trois ans plus tard, le 30 décembre 2009, Sean Parker entre officiellement au conseil d’administration de Spotify Technology, lors d’un apport de 11,5 millions d’euros. Quelques semaines après, le 26 février 2010, un fonds américain dirigé par Parker, Founders Fund, également présent dans Facebook, réalise un investissement dans Spotify.

Tout est en place pour préparer une intégration de Spotify dans Facebook ; et ainsi valoriser financièrement les goûts musicaux des centaines de millions d’amis. Le résultat commercial a été rendu public lors de la grand-messe annuelle de Facebook, le 22 septembre. Pour la plus grande joie de Sean Parker, qui depuis les tumultueuses années Napster, rêvait de conquérir le marché des préférences musicales, comme pourrait en témoigner cette correspondance adressée à Daniel Ek en 2009.

Contacté dans le cadre de cette enquête, les responsables de Spotify ont décliné notre proposition d’interview, demandant néanmoins que nous transmettions l’ensemble de nos questions à leur direction de la communication.


Illustration de une : Marion Boucharlat pour OWNI /-)

Photos via FlickR – jdlasica http://www.flickr.com/photos/jdlasica/6256555261/sizes/z/in/photostream/

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Chanter la révolution syrienne http://owni.fr/2011/09/08/chanter-la-revolution-syrienne/ http://owni.fr/2011/09/08/chanter-la-revolution-syrienne/#comments Thu, 08 Sep 2011 07:07:52 +0000 Yves Gonzalez-Quijano http://owni.fr/?p=78478 Dans quelques jours, la chanteuse syrienne Asalah devrait sortir son nouveau clip, Ah si seulement cette chaise parlait… Sous ce titre en apparence innocent, une des plus grandes figures de la chanson populaire prend clairement position en faveur de ceux qu’elle nomme les « révolutionnaires syriens ».

Aujourd’hui installée au Caire,la chanteuse domine la scène artistique depuis le début des années 1990. Fille d’un chanteur célèbre tragiquement disparu dans un accident de voiture, son histoire familiale, lorsqu’elle a dû s’occuper de ses jeunes frères et sœurs, puis sa vie sentimentale, avec notamment son remariage après sa rupture avec un premier mari scandaleusement trop volage, ont accompagné une très brillante carrière internationale, en particulier dans les pays du Golfe.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Alors que le régime syrien s’efforce de mobiliser autour de lui les « voix » chères au public local, la défection de Queen Asalah, surnom que reprend son site, est une mauvaise nouvelle de plus pour la communication du pouvoir . Elle vient en effet d’une chanteuse étroitement associée jusqu’alors au discours officiel. Que Dieu te garde, Assad !, chanson lancée à la gloire du père de l’actuel président, est un tube que les partisans du fils ont gardé l’habitude de diffuser avec force décibels lors de leurs manifestations de soutien au régime.

Coïncidant avec la fin de ramadan, la sortie imminente du clip a été présentée par la chanteuse comme « un vœu de fête à l’intention des révolutionnaires ». Et cette fois, il ne s’agit pas des rebelles libyens, comme lors de précédentes déclarations il y a quelques semaines en présence de blessés soignés dans les hôpitaux du Caire, mais bien de ses propres concitoyens auxquels font allusion les paroles de la fameuse chanson encore inédite (texte arabe ici) : les héros du peuple y font entendre leur colère, après avoir longtemps gardé le silence malgré l’injustice, alors qu’ils disent maintenant qu’il ne servira à rien de s’entêter à vouloir rester… Trouve-toi quelqu’un qui accepte l’oppression, toi qui as oublié la dignité depuis longtemps !

Aucun nom n’est donné mais l’allusion est tout de même assez claire ! Surtout venant de la part d’une chanteuse qui a déjà signifié dans une lettre ouverte qui avait fait grand bruit au milieu du mois de mai dernier qu’elle n’avait nullement l’intention, à la différence de nombre d’autres célébrités de son pays, de se prêter aux simulacres de manifestation (tamthiliyyât) de soutien au régime du président Al-Assad.

Engagement politique ou opportunisme?

Alors que certains surnomment déjà Asalah « la chanteuse de la révolution », d’autres ont plus de mémoire et ne sont pas prêts à accepter un revirement dont ils doutent de l’authenticité (asâla en arabe, comme le prénom de la chanteuse). Ils n’ont pas oublié les paroles de quelques-unes de ses chansons, pas toujours très anciennes, telle Ton peuple est ton espoir prometteurTon peuple est le peuple de la voix unique / La blessure a été profonde , le leader a été choisi, ton Bachar-la-bonne-nouvelle, est le gardien de tes rêves, ô Damas !

Comment interpréter un changement de ton aussi total de la part de la célèbre chanteuse syrienne ? Ses déclarations relèvent-elles du courage politique ou de l’opportunisme ? On notera tout de même que la communication n’est pas vraiment totalement laissée au hasard puisque la sortie prochaine de ce qui sera peut-être un tube révolutionnaire a été préparée sur internet par une mini-vidéo disponible sur YouTube (d’où a été tirée l’image en haut de cette page) et par la diffusion, sur différents sites, des paroles de la chanson pour l’heure encore inédite… Tout de même, et plus encore si elle est suivie d’autres, cette défection spectaculaire d’une personnalité aussi importante du monde du spectacle est un avertissement pour le régime. (En Égypte, la brutale conversion de vedettes en tout genres a été, il y a quelques mois, le signe certain de la chute imminente du pouvoir en place : voir ce précédent billet).

Mais surtout, l’observation de la scène publique tunisienne, égyptienne, libyenne (on pense au romancier Ibrahim Al-Koni en particulier) suscite le même constat. La marginalisation des élites intellectuelles « légitimes », écrivains, intellectuels… qui, naguère encore, avaient une réelle influence sur l’opinion, est toujours plus manifeste. Parallèlement, les prises de position de chanteurs et autres vedettes du spectacle n’ont jamais eu autant d’écho.

En Syrie, les déclarations tardives et souvent jugées maladroites d’un Adonis confirment cette tendance. Il n’est pas sûr que la nomination à la tête du Conseil national de transition du sociologue (exerçant en France) Burhan Ghalioun suffise à l’inverser…


Le journal libanais Al Akhbar a consacré un article à Yves Gonzalez-Quijano. Le chercheur expliquait être un étudiant de Barthes : “Son ouvrage, Mythologies, était pionnier dans sa tentative d’expliquer les changements de la société française à travers l’étude de la mode, des voitures, de la musique et la gastronomie. En toute modestie, j’ai essayé de proposer le même type d’explications pour le monde arabe, où les phénomènes populaires peuvent être une fenêtre pour comprendre ce monde, ses changements sociaux et politiques.”

Billet initialement publié sous le titre “Asalah : une authentique révolte ?” sur le blog Culture et Politique Arabes

Illustrations: Capture d’écran Youtube / FlickR CC PaternitéPas de modification samantha celera

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Découvrez “One & One” par Hiriz Band http://owni.fr/2011/08/04/decouvrez-one-one-par-hiriz-band/ http://owni.fr/2011/08/04/decouvrez-one-one-par-hiriz-band/#comments Thu, 04 Aug 2011 21:59:23 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=75342 Baco Mourchid aka Hiriz Band est un proche de la famille OWNI. Une sorte de cousin éloigné à dreadlocks, qui propose un reggae aux accents de chanson française. Étrange mélange portée la voix profonde de ce chanteur. Rencontre pour la sortie de son clip et de son nouvel album.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Peux-tu nous décrire ton parcours musical en quelques mots ?

Ma deuxième naissance s’est produite à partir de l’âge de six ans, lorsque j’ai pris conscience de la musicalité qui environnait la place publique de mon village durant les cérémonies rituelles d’appels aux ancêtres, sous la forêt australe des iles de l’océan indien. L’instrument à cordes « gabusi » utilisé lors de ces cérémonies devient très vite mon premier compagnon d’airs musicaux. Ma croissance mélodique a démarré avec la guitare à l’âge de treize ans dans ce qu’on appelle les « bals poussières », dans les faubourgs de Mamoudzou à Mayotte.

À partir de là, les vents harmoniques m’ont poussé vers les horizons infinies de la musique. Du reggae dans le métro à l’âge de 18 ans, au jazz dans ma classe d’école de l’IMFP à Salon de Provence. Ma musicalité post-adolescence se forme cependant avec les potes en écoutant du Miles Davis à Bob Marley, en passant part ACDC, Police, Uzeb, Féla, Hendrix. Sans oublier les artistes français comme Gainsbar, Nougaro ou des groupes comme Sixun, les Negresses Vertes, et d’autres plus rock, comme Mano Negra, Noir Désir etc.….

Quelle est la comparaison et la classification artistique que tu détestes le plus concernant ta musique ?

Chaque musique produit une émotion différente. Chaque compositeur est habité par ses propres pulsations émotionnelles et ses expériences de vie qu’il partage ensuite avec les autres. Quant à la classification, je m’en fous ! Si quelqu’un veut se faire plaisir en me classant sur une grille, c’est son problème. Mais mon esprit n’a pas de frontière musicale. On m’a souvent classé dans la grille de la musique du monde ! Là dessus, je ne suis pas contre le sens du terme, je suis plutôt opposé à l’interprétation qu’on donne aux mots. Permets-moi de m’expliquer. D’après ce qu’on constate, le fond de ce mot s’entend plus facilement sous le sens d’une exposition des musiques folkloriques inexplorées des minorités visibles du monde. Ou sous l’étiquette commerciale identifiant les musiques venant du sud du monde. Vu mon monde et le monde du peuple de la terre, à mon avis, ce terme ne peux prendre son sens que si l’on met dans le package l’ensemble stylistiques de nos musiques.
L’humanité héritera alors d’un patrimoine musical, universel qu’on appellerait, au pluriel « Musiques du monde ». Sinon le sens de ce terme résulterait à une sorte de ghettoïsation et d’exclusion de l’une des deux parties, de ce monde qui est le notre. En plus, cela laisse supposer que les autres c’est le monde et le reste, des Martiens.
Sans vouloir cependant dévaloriser les nombreux travaux qui ont été effectués pour exposer les musiques traditionnelles ou folkloriques de nombreux pays du sud et d’ailleurs, sur les scènes occidentales.

C’est pourquoi ma musique reflète le vécu musical de mon enfance forestière, mon adolescence urbaine et ma maturité terrestre. Elle est forcément née de cet ensemble qui me ressemble. Par conséquent, elle ne peut pas encore être classifiable. Exactement comme le monde d’aujourd’hui.

Quels sont les artistes que tu écoutes ces temps-ci ?

A part les classiques habituels, j’avoue que comme tout le monde, je navigue sous l’ère de l’internet en faisant halte sur les musiques les plus innovantes, celles qui me stimulent ou celles qui m’interpellent, parmi les multitudes circulant sur la toile.

Que penses-tu de la scène française actuelle ?

Rien ! Ou peut être beaucoup trop de choses ! Mais je suppose qu’on ne va pas passer tout le temps de l’interview à parler que de ça ! Parce qu’il nous faudrait au minimum ce temps pour déblayer la question. Et surtout, je ne souhaite pas foutre le pessimisme ou le blues à ceux qui continuent à entreprendre pour que la musique dans son ensemble puisse s’exprimer sur les scènes françaises.

Tu parlais d’Internet, est-ce que Facebook, par exemple, est important pour toi d’un point de vue professionnel ?

Je ne sais pas trop ! Je pense tout simplement qu’on est à l’aube d’une conception civilisationnelle. Tous ces réseaux sociaux font partis certainement des outils de la fondation de cette nouvelle façon de faire, de cette nouvelle façon de penser la musique et sa diffusion.

Le jeu des réseaux sociaux t’amuse-t-il ? Penses-tu qu’un artiste puisse tout de même s’en sortir sans ces outils ?

Ça m’amuse quand c’est marrant! Autrement je vais à l’essentiel. Et je ne pense pas qu’un artiste puisse échapper au pouvoir des réseaux même s’il possède les moyens d’exploiter les médias.

Quelle est ta principale source de revenus aujourd’hui ? Penses-tu qu’ un artiste puisse vivre uniquement de la vente de ses enregistrements ?

Je navigue entre le son et la musique. Vivre uniquement de la vente de ses enregistrements ? Oui, peut être si on est chez Universal ! Et encore…  Après tout, tout est possible.

Cloud, abonnement, pub, achat à l’acte…selon toi, l’un de ces modèles sera-t-il le standard de l’industrie musicale de demain ?

Je suis encore trop jeune pour avoir cette vision et il est trop tôt pour voir au loin. Il ne fait jamais assez clair à l’aube pour qu’on puisse bien distinguer ce qui se trouve à l’horizon.

Tu viens de sortir un clip, qu’en attends-tu ?

Rien d’autre que le maximum de bienfaits pour tous ceux qui vont le regarder et à ceux qui ont contribué à le faire exister, artistes comme entrepreneurs.

Des projets pour la suite ?

Sillonner les scènes et partager mes émotions avec les humains.

Retrouvez Hiriz Band sur : facebook; twitter; myspace

Crédits photos : Delphine CALVET

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Les Vieilles Charrues, un bon festival “à l’ancienne” http://owni.fr/2011/07/21/les-vieilles-charrues-un-bon-festival-a-lancienne/ http://owni.fr/2011/07/21/les-vieilles-charrues-un-bon-festival-a-lancienne/#comments Thu, 21 Jul 2011 08:53:50 +0000 Sourdoreille http://owni.fr/?p=74294 Cet anniversaire devait tenir toutes ses promesses : celui d’un festival exubérant, gargantuesque et pourtant toujours aussi bon enfant et attaché à son territoire. Comme une immense fête de village où, d’année en année, les habitants auraient invité leurs amis, puis les amis des amis… Pour finir par se retrouver avec plus de 5.000 bénévoles et 240.000 entrées en 4 jours !

Certains imaginaient une programmation mythique pour cette édition anniversaire. On a entendu les noms de Daft PunkNeil Young ou même des Rolling Stones circuler ! Rien de tout ça finalement. Les Charrues sont restées fidèles à elles-mêmes : une programmation foutraque, ou en trois heures, on peut s’enchaîner ScorpionsSnoop Dogg et Mondkopf ! Une programmation concoctée à base de grosses têtes d’affiches françaises façon variet’ (Jean-Louis Aubert, Eddy Mitchell, Yannick Noah…) et quelques jolis coups (PJ Harvey, Lou Reed, Cypress Hill…). Derrière ces locomotives (on oublie volontairement Guetta), une centaine de groupes tout aussi divers dans leur style, leur nationalité et leur niveau de notoriété. C’est un peu comme à la fête foraine : il y en a pour tous les goûts, et à toute heure…

Cette prog’ des 20 ans a été critiquée. Et pourtant, en moins d’une journée, les 105.000 pass 3 ou 4 jours ont été vendus. Un commerce au noir a fleuri sur la toile, à tel point que le festival a dû mettre en place un système de bourse d’échange pour éviter les dérives (des pass proposés à 600 euros et un procès gagné contre un site anglais). Étonnant ? Pas tant que ça…

Les Vieilles Charrues, c’est le festival « à l’ancienne » par excellence. Celui qui jouit d’une côte d’amour irrationnelle et totalement déconnectée des aléas artistiques (et par la même de la surenchère des cachets). On y vient avant tout pour y retrouver une ambiance. Les bénévoles et les festivaliers font la force et l’attrait de ce festival. Les groupes, eux, se doivent de réaliser la bande-son pour cet étrange village de petits Gaulois bien décidés à faire la fête jusqu’à plus d’heure.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une spécificité bretonne, voire des Charrues. Pourtant, une étude anglaise sur les festivaliers en Europe montre que le premier critère pour se décider à venir ou non sur un festival, ce n’est pas la programmation mais le nombre d’amis qui seront présents. La propreté des toilettes compte presqu’autant que la programmation…

Lives

Notre histoire avec les Bloody Beetroots a débuté il y a plus d’un an, à Panoramas. Ce jour d’avril 2010, les trois Italiens masqués retournaient littéralement la petite ville de Morlaix. On en avait alors profité pour capter un live démoniaque

De retour en terres bretonnes avec leur nouveau spectacle « Church Of Noise », les potes de Steve Aoki étaient attendus ce week-end aux Charrues. Quelques minutes en amont de leur live, nous les avons suivis pour immortaliser leur entrée en scène devant plusieurs dizaines de milliers de furieux, sur la scène Glenmor…

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Notre première rencontre avec les gais lurons québécois Misteur Valaire s’est faite il y a un an autour d’un jeu un peu bizarre. Depuis, on les a vus sur scène chez eux, au Québec, et on s’est dit que les Montréalais méritaient bien qu’on immortalise l’un de leurs concerts.

Sur la scène Grall, France, DRouin, Jules, To, Luis ont réveillé les corps humides, l’heure de l’apéro à peine passée. Voici Ave Mucho, hymne à la fête et à la bonne humeur :

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Dans le sillage d’une bien chouette soirée sur la scène Grall (Misteur Valaire, Tiga…), l’ovni Crystal Fighters a débarqué à Carhaix. Ce projet musical hors-cases mélange rock, électro, folklore basque et même quelques incursions dubstep. Le concert des anglo-espagnols restera une des révélations du festival. Il ne vous reste plus qu’à vous jeter sur ce live !

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Demander à un rappeur d’avoir un bon flow et des textes incisifs. Voilà, à priori, le b.a.-ba requis pour se présenter sur scène, quand on prétend taquiner la rime. Parfois, la réalité est toute autre. Mais quand Marc Nammour se présente à nous pour ouvrir la 20e édition des Vieilles Charrues, on se convainc vite qu’on a ici affaire à un garçon sérieux. Ce rap-là a des choses à dire. Cela peut paraitre prise de tête. C’est tout le contraire.

En face d’Olivia Ruiz, le son rock de La Canaille est une bonne mise en jambe, et surtout un bel éveil des sens et des consciences. Nous avons filmé Par temps de rage, morceau éponyme du second album du groupe, paru en ce début d’année.

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On ne vous a jamais raconté notre première rencontre (ratée) avec Goran Bregovic. C’était il  y a un an, au Foin de la Rue. On devait l’interviewer. La thématique de l’interview (l’enfance) ne lui avait pas plu, et il avait tourné les talons.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Goran Bregovic a posé le pied pour la première fois à Kerampuilh cette année. Pourtant, il était évident que la rencontre entre le public des Vieilles Charrues et le natif de Sarajevo serait un chouette moment. Tête d’affiche d’une soirée à Grall dédiée aux musiques de l’est, le gazier s’est dépassé. Et le public, comme bien souvent, ne s’est pas fait prier.

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Acoustique

Il y a des femmes qui transpirent le rock par tous les pores de la peau. Lisa Kekaula est de celles-là. Débarqués de Londres pour faire trembler la scène Glenmor, la chanteuse des Bellrays et ses trois musiciens ont prouvé que la flamme soul-rock est intacte.

Quelques minutes après leur concert, Lisa Kekaula et son guitariste ont débranché le courant et nous ont offert une petite session acoustique, dans leur loge.

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On pensait la trouver avec sa guitare en bandoulière, c’est finalement avec un synthé que Ladylike Lily nous a accueillis dans sa caravane. La jolie Rennaise, qui bénéficie du soutien actif des Vieilles Charrues, est venue passer quatre jours au festival, en voisine. Accompagnée de son ingé-son qui a dégainé un iPad pour l’occasion, Ladylike Lily nous a offert en avant-première l’un de ses nouveaux titres, Kissing Spell, qu’elle jouait pour la première fois. Une histoire de sirène qui ne voulait pas tuer les gens :

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Brèves de Charrues

À la belle étoile. A son origine, l’expression « faire campos » désignait la fin de l’école pour permettre aux enfants de retrouver leur campagne et se coltiner les travaux agricoles, au champ. Deux siècles plus tard, les temps ont bien changé, du côté de Carhaix. Ici, on remet les pendules à l’heure : le camping, c’est chouille, chouille et chouille.

Auto-proclamé meilleur camping de festival en France, ce champ est franchement surréaliste, par instants. Dormir, c’est tricher. L’heure où tout dérape ? L’apéro, bien entendu. C’est à ce moment-là qu’on est allés à la rencontre de ces festivaliers multi-récidivistes de délits carhaisiens. A la rencontre des habitués, pour nous narrer leurs souvenirs et meilleurs moments de ces vingt éditions.

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Après quoi courent-ils ? 13h47. Soit 17 minutes de retard pour une ouverture des portes très calme, même si les files d’attente avaient été doublées cette année. Pour la petite histoire, les premiers à fouler Kerampuilh sont deux quinquagénaires, prenant leurs jambes à leur cou et traçant leur route comme des ados. Pour Scorpions, on parie.

Tout change, rien ne change. Qu’y-a-t-il  de nouveau pour ces 20 ans ? A vrai dire, pas grand chose, et c’est tant mieux. Principal enseignement : le festival est toujours préservé des assauts de marques trop envahissantes. A Carhaix, on joue encore sur terrain neutre.

Girls power. Deux journalistes nous annoncent que 69% des festivaliers sont des filles. Majoritaires, peut-être. Mais nos confrères voient peut-être un peu double, quand même, lorsqu’il s’agit de la gent féminine.

Retour aux sources. En décembre, Olivia Ruiz sera à l’affiche de ‘Un jour, mon père viendra‘, comédie tournée lors de l’été 2010, et où elle donne la réplique à Gérard Jugnot et François Berléand. En conférence de presse, la belle insiste : rien de plus légitime pour celle qui a d’abord une formation de comédienne avant de pousser la chansonnette. Tiens, prend ça, Vanessa Paradis.

God saves Jarvis Cocker. Pulp a joué sur une scène Kerouac désertée par un public soucieux de se placer pour Scorpions. Les irréductibles n’ont pas été déçus du voyage un peu halluciné proposé par Jarvis Cocker, un animal capable de rester classe en faisant mine de montrer son pénis et en se mettant à quatre pattes. Ce mec est grand.

Mondkopf, taille patron. Ce petit génie de la musique électronique tient décidément une côte d’enfer. Initialement prévu sur la scène Grall, honnêtement plus conforme à son statut, l’auteur du somptueux ‘Rising Doom’ s’est vu proposer ensuite la clôture de la grande scène, à condition d’allonger son set de cinq petites minutes. Si ce n’est que ça, alors banco.

Que devient le Doggystyle ? Alors que les vrais gangstas se font plomber dans la rue, Snoop Dogg referait-il son cercle d’amis autour de David Guetta ? On préfère en tout cas le voir avec son spliff et le son west-coast qui le caractérise tant. Plutôt qu’appeler au jump, avec des sons dance machine. Le grand écart est là, et nous, on souffle le chaud et le froid.

Publié initialement sur le blog de Sourdoreille sous les titres Brèves de comptoir des Vieilles Charrues et les Vieilles Charrues, pays de Cocagne

Illustration: Flickr CC PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales StevenLeRoux

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